Dans la famille, le chien est le seul fréquentable, en fait

Victor De Sepausy - 28.05.2018

Livre - chien famille dangers - intimidation adolescents collège - difficultés adolescents problèmes


Massimo est un enfant comme tant d’autres. D’ailleurs, à l’école, il est malmené et brutalisé par un certain Vito. Et rapidement, se retrouve pris comme bouc émissaire. Lorenza Ghinelli passe de la littérature adulte à la jeunesse avec Heureusement que le chien, lui, est un type bien. Un plaisir.



 

 

Mais revenons à nos moutons : surnommé Minimo dans son collège, Massimo, jeune adolescent, n’est pas particulièrement heureux. Ni épanoui. Et la faute revient presque entièrement à Vito, qui lui a dégoté cet horrible surnom – à une époque de la vie où la différence, même infime, est toujours mal vécue. 

 

Passer sa vie à redouter les mauvaises manières du despote qui vous tyrannise, cela n’a rien pour rendre le quotidien plus léger. Et l’on se plie plus facilement à la volonté de cet agresseur, pour éviter d’en être la victime trop récurrente. 

 

Pourtant, Massimo et ses amis décident de riposter, et d’affronter leur ennemi... pour finalement découvrir un terrible secret. Le père de Vito est lui-même violent, mauvais, et très porté sur la bouteille. Une information qui servirait au mieux leurs intérêts, s’ils se décident à y recourir pour se venger du despote. 

 

Autour de cette première intrigue, on retrouve les difficultés d’autres personnages : celles de Vito, évidemment, ou encore de la petite Celeste, qui voudrait être un peu plus libre. Elle s’habille en jeune fille pour faire plaisir à ses parents, mais ne trouve pas cela très conforme à sa personnalité. Ou Stefania, qui aimerait être plus mince, encore un peu plus... Et Margo, elle aussi un peu dérangée – et qui, parlant de sa famille, donne également le titre au livre. C’est dire...

 

Adultes, certes, mais surtout enfants, se retrouvent dans des spirales quotidiennes, où il faut affronter ses peurs et les difficultés de l’existence.  

 

Passant en revue des thèmes contemporains – l’altérité, la violence, l’intimidation, les problèmes d’alcool et la crise au sein une famille – ce roman choral virevolte malgré tout avec un style vif et ironique très plaisant. Le tout articulé autour d’une approche simple, lisible et parfaitement audible pour de jeunes lecteurs.

 

Sans stéréotype ni facilité, Lorenza Ghinelli manipule l’ironie, voire le sarcasme, pour évoquer des sujets importants, quand on a cet âge, et qu’on les découvre. De ces quotidiens somme toute assez probables, banals, elle fait une grande fresque, toute de diversité et de bienveillance.


Avec La Colpa, roman pour adulte, Lorenza Ghinelli avait remporté le prix Strega, l’équivalent du Goncourt en Italie, en 2012.

 

Lorenza Ghinelli, trad. Anaïs Bouteille-Bkobza – Heureusement que le chien, lui, est un type bien – Thierry Magnier – 9791035201722 - 14,90 €




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.

Pour approfondir

Editeur : Thierry Magnier
Genre :
Total pages : 232
Traducteur : anais bouteille-bokobza
ISBN : 9791035201722

Heureusement que le chien, lui, est un type bien

de Lorenza Ghinelli

Dans cet immeuble aux parois très fines, la délicieuse odeur de la sauce tomate maison se répand dans les étages presque aussi vite que les petits secrets des uns ou des autres. Massimo, 14 ans, vit au rez-de-chaussée avec ses parents, sa petite sœur Margo' et leur chien Rocky. Les vacances viennent de commencer, le soleil brille, la mer est chaude... Pourtant Massimo vit un enfer. Tout ça à cause de Vito, la brute du collège, qui l'a affublé d'un surnom ridicule de Minimo après un malheureux incident à la piscine. Autour de lui gravitent des amis, voisins et parents, qui nous livrent leurs joies ou leurs chagrins, petits ou grands, de ceux qui tissent nos quotidiens. Il y a Céleste, qui ne ressemble décidémment pas à la jeune femme que ses parents voudraient qu'elle soit. Vito qui, sous ses airs de gros dur, cache de douloureux secrets. Stefania, qui ne pense qu'à une chose : maigrir. Ou encore Margo', qui observe cette effervescence du haut de ses 11 ans. Pour elle, évidemment, Rocky est la personne la plus normale de tout l'immeuble... ! À tour de rôle, les personnages de cette joyeuse galerie prennent la parole pour nous plonger dans une comédie italienne aussi sensible qu'hilarante.

J'achète ce livre grand format à 15,50 €