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Degas en 100 tableaux : impressionnant, l'impressionniste

Audrey Le Roy - 02.10.2017

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IMPRESSIONNISME (in-prè-si-o-nissm») n. m. Système de peinture qui consiste à rendre purement et simplement l’impression telle qu’elle a été ressentie matériellement. 
 

IMPRESSIONISTE (in-prè-si-o-nisst») n. m. Peintre qui se propose de représenter les objets d’après ses impressions personnelles, sans se préoccuper des règles généralement admises. 


DEGAS (Hilaire-Germain-Edgard), peintre et graveur français, né à Paris en 1834. Il montra aux expositions des impressionnistes des intérieurs de théâtre, de cafés-concerts, des foyers d’opéra, des vues de cirque, des blanchisseries d’une vérité scrupuleuse, des études de danseuses, de ballerines, d’un dessin souple et vraiment magistral. Cet artiste original est un des plus intéressants qu’ait produits l’école impressionniste. Son talent a paru sous des formes variées : pastel, eau-forte, pointe sèche, lithographie. On lui doit plusieurs portraits de Manet.
 

Nouveau Larousse illustré, Paris, 1898


 

Degas doit d’être « célèbre » dès son vivant à sa présence récurrente dans les expositions impressionnistes. Il participe à la première en 1874 puis est présent en 1876, 1877, 1879, 1880 et 1881. C’est à celle de 1879, qu’il insiste pour qu’apparaisse le nom d’« Indépendant ». Degas refusera toute sa vie d’être catalogué. Degas est Degas, point barre ! 

 



Il commence sa carrière au Louvre, comme copiste, il y rencontrera Manet. Il en résultera une amitié orageuse. Du reste, comme toutes ses amitiés. Ils seront nombreux à se brouiller avec cet homme brusque et solitaire (Manet, Monet, Pissaro, Bonnat,…). Il vouera une fascination sa vie durant pour Ingres qu’il a eu l’occasion de rencontrer quand il était jeune et qui est, probablement, l’un des éléments déclencheurs de son appétence pour la peinture, le dessin. 
 

Décidément plein de qualités, en plus d’être bourru, Degas est un indécrottable misogyne. Il affirme refuser de se marier pour ne pas s’entendre dire : « C’est bien joli ce que tu as fait là » (l’histoire ne dit pas s’il a reçu beaucoup de demandes…). Pingre, sauf en ce qui concerne la peinture. Pour faire simple, toute sa vie tourne autour de la peinture, comme celle d’un moine autour de Dieu. « Seule importe la peinture. Il n’a de compte à rendre qu’à la peinture. » 


Poser pour lui, c’est s’oublier. Les seuls portraits qu’il a faits sont ceux d’amis et même eux l’ont parfois regretté. Qui d’autres que ses amis auraient pu accepter ? « Il leur aurait fallu reconnaître que poser pour Degas, c’était non pouvoir se reconnaître, mais devenir un Degas. » Il refuse tout embellissement, comme le dira Octave Mirbeau (1848 – 1917, critique d’art et écrivain) : il « ne flatte pas, par des prestidigitations de virtuosité, les goûts des bourgeois. »  Degas recherche les angles de vues inédits, « voir par “en dessous” ou “travailler au 1er”, ces conseils qu’il se donne à lui-même expriment la même volonté d’en finir avec la convention d’un regard de “plain-pied” ». Diego Martelli, critique de son état, en fera les frais. Peint par un Degas qui a pris de la hauteur au sens propre comme au figuré (?), il jugera que cet angle lui fait de petites jambes.  
 

Les tableaux de Degas vont vite prendre de la valeur dans les salles de vente. Ses tableaux qui étaient, jadis, vendus pour quelques billets, sont achetés des fortunes, ce qui fera dire au peintre : « Si vous savez ce que je regrette ce temps-là! J’étais peut-être déjà le cheval de course sur lequel on misait, mais, du moins, je ne le savais pas… »



Le Champs de courses. Jockeys amateurs près d’une voiture, 1877-1887



Il n’a que faire que ses toiles et dessins soient réalistes ou non, qu’une ombre soit au bon endroit. Son objectif n’est pas de peindre la réalité, il ne veut pas raconter une histoire. Le cheval, la danseuse, la baigneuse, la blanchisseuse, en tant que tels n’ont pas d’importance. Ce qui intéresse Degas c’est la force qui se dégage d’un corps, la tension d’un muscle, la couleur d’un ruban, les reflets, le contraste. « Ces “incohérences” n’ont pas de compte à rendre à la réalité. La logique picturale est la seule qui vaille. Et cette logique n’a que faire d’être “véridique” ». 
 

« Regarder un Degas, c’est devoir accepter l’inexplicable. »


Si l’homme est abject, l’artiste est charisme et nuance. C’est encore Apollinaire qui en parle le mieux dans un article hommage publié dans le Mercure de France, le 16 octobre 1917 soit quelques jours après la mort du peintre : « Degas, cet artiste misanthrope, misogyne et particulièrement caustique n’en est pas moins l’un des représentants les plus délicats de la grâce cultivée et de la légèreté au XIXe siècle. » 


Les 100 tableaux qui racontent Degas de Pascal Bonafoux (écrivain, historien de l’art et commissaire d’expositions) et publié par les éditions du Chêne, est sans aucun conteste possible un beau livre qui doit trouver sa place dans votre pile à lire et non sur votre table basse en guise de décoration ! 

 

 

Pascal Bonafoux – Les 100 tableaux qui racontent Degas — Éditions du Chêne — 9782812315930 – 29,90 €