Deviens celle que tu es d'Hedwig Dohm

Clément Solym - 06.05.2009

Livre - deviens - celle - es


À l’annonce de ce titre, l’écho de Nietzsche se fait entendre (Du sollst der werden, der du bist), mais pas seulement ; un parfum de slogan féministe se fait également sentir et pour cause, Hedwig Dohm fut une militante féministe de la première heure. Mais n’ayez crainte, pas de diatribe acerbe ici, juste un sublime roman.
 

En quête de compréhension, un médecin s’immerge dans les souvenirs d’une vieille femme moribonde à travers son journal intime. Ses souvenirs, mais aussi et surtout sa folie, transparaissent, celle qui s’installe insidieusement avec l’âge et transforme l’esprit et le corps.

 

L’angoisse qu’elle génère est prégnante, transmise par le rythme saccadé des introspections succédant aux descriptions bucoliques des souvenirs. Fascinée et effrayée par sa folie et l’approche de sa mort, elle retranscrit sa vie et ses regrets. « Elle avait été une bonne et brave ménagère, quelque peu étriquée et bourgeoise, sans culture, et totalement absorbée par la vie de famille ».

 

Au coeur de cette instabilité psychologique, la clairvoyance est pourtant de mise. Le cheminement nécessaire à l’acceptation de la mort y est brillamment dépeint. Refusant de disparaître, elle cherche à rattraper le temps perdu par la culture « les livres que j’aime particulièrement lire sont ceux où des femmes, poussées par un idéalisme ardent, accomplissent des actes pleins d’héroïsme et d’abnégation. Aurais-je pu devenir une telle femme, si… et j’ai passé ma vie à servir ! ».

Ou la recherche du prince charmant «  j’ai vu l’homme que j’aurais du aimer si je l’avais rencontré dans ma jeunesse ».

 

Jusqu’à l’acceptation de l’évidence : « On m’avait enchaînée. Maintenant je me suis libérée et je déambule, errante, dans le monde nouveau et étranger et peut-être pourrais-je provoquer quelque désastre, mais voici qu’apparaît déjà une nouvelle chaîne : l’âge ».

 

Elle disparaît non sans colère sur une interrogation réitérée : « Pourquoi fallait-il que je vive comme j’ai vécu ? Parce que je suis une femme et parce qu’il est écrit sur d’antiques tables de lois en airain comment la femme doit vivre ? Mais cet écrit est faux, il est faux ! »

 

En définitive, un slogan s’impose : « N’attends pas le prince charmant, apprends à lire et deviens qui tu es ».

Un livre à ouvrir et à découvrir…


S'offrir Deviens celle que tu es, de Hedwig Dohm



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