Divagations sur la fin des temps, de Jérôme Dumoulin (on va tous mourir)

Clément Solym - 26.10.2010

Livre - catastrophes - roman - aventure


Jérôme Dumoulin a occupé plusieurs postes dans le monde journalistique, qu'il poursuit encore aujourd'hui, avec plus ou moins d'assiduité. Et des livres, depuis une dizaine d'années. Le dernier en date prend pour base seize faits réels, scientifiquement posés, qui vont se mouvoir vers des projections, pour le moins étranges. Au moins inattendus.

Divagations... divaguer... le tout pour aboutir à une conclusion simple : on va tous mourir. Si, si. Sur une échelle plus ou moins longue, on va finir par tous périr, et l'univers en tête de liste. C'est entendu, n'en parlons plus. Ou au contraire, parlons-en, puisque c'est l'essentiel du propos de l'auteur. Mais le tout avec une note d'humour, de dérision, que les grandes catastrophes annoncées permettent de faire ressortir plus largement encore.

Tout y passe, de la flore à la faune, en passant par l'humain, ses sens et sa génétique profonde. Et ses peurs. Irréductibles, incompressibles. Tout y est un peu (beaucoup) noir, dans des récits romancés, où le monde nous échappe méchamment, depuis les astres en passant par les trous noirs, mais aussi les trous que l'on découvre au Guatémala.

Et cette vie que l'on aurait pu croire vaine prend dans tous les cas, pour vide qu'elle reste, un côté sombre avec relents de cavalier apocalyptique, sur fond de Wagner... Car les hommes ignorent à peu près tout de dangers insensés qui l'entourent et inconscient, ils vont, obscures, sous la nuit solitaire, comme aurait dit Virgile.

Oui, c'est mignon, oui ça fiche de temps à autre les chocottes, parce que l'on s'y laisse attraper, alors même que le propos parfois est un peu gros. Littéraire jusqu'au bout des ongles, je ne me lasse pas de ces bonshommes qui racontent tout et n'importe quoi, en revendiquant, même a minima leur propos, comme scientifique. Ça fait du bien de se fiche de petites trouilles de temps à autre.


Et puis, ça rappelle ces auteurs de jadis, qui assuraient publier un livre trouvé dans une malle, au fond d'un grenier, pour éviter alors la censure, tant le texte contenait des choses qui irriteraient le pouvoir en place.

Ici, personne n'est vraiment visé, ou tout le monde.

Flippez tous, Dieu reconnaîtra les siens - à moins qu'il ne soit lui aussi parti se terrer dans un bunker, espérant échapper à la fin de son monde...
À l'occasion, Jérôme, passe nous faire un coucou à la rédaction. De divagations à dive bouteille, il n'y a pas tant de différence, et autour d'un verre, on t'écoutera plus joyeusement encore raconter tes bêtises.

Elles ont fait au moins sourire tout le monde.