Duel, de Jean Pierre Bastid et Michel Martens

Clément Solym - 29.03.2011

Livre - meutre - faune - duel


Léo Skirmmer est inspecteur de police dans un Commissariat d’Anvers. Solitaire, il n’est pas particulièrement apprécié de ses collègues avec lesquels il n’échange pas grand-chose sinon des vacheries. En tout cas, pas des informations, car, les affaires, il préfère les traiter seul.

Et c’est bien parce qu’il réussit régulièrement à les mener au bout que sa hiérarchie continue à lui en confier et, sans partager l’animosité de ses collègues, justement à cause de ces résultats qui font du bien dans les statistiques, à lui porter quelque estime. Seulement professionnelle. Sans plus.

Léo vient justement de conclure une affaire relativement simple, mais avec dextérité : une espèce de gros bouddha lui a rapidement avoué le meurtre de sa femme.Pas sitôt sorti de ce dossier, voilà que le Commissaire principal l’envoie sur les bords de l’Escaut où la brigade fluviale vient de repêcher le corps d’une jeune femme.

Mais la surprise ne vient pas seulement de la jeune morte quand il arrive sur les lieux ! Il découvre que le Commissaire a décidé, contre son gré, de lui associer un collègue. Un jeune en formation en quelque sorte. Un gabarit un peu spécial que tout le Commissariat a surnommé Le Mammouth. Rapport à tout son personnage !

Pas de chance pour Léo ! C’est certainement l’affaire sur laquelle, plus que toute autre chose, il aurait bien aimé être seul pour enquêter. Car cette jeune morte fait remonter en lui un peu trop de souvenirs vivants.

En fait, ce policier est un peu monté comme les fameuses séries du lieutenant Colombo : on sait assez rapidement de quoi il retourne. Mais, comme pour la série télévisée, cela ne nuit nullement à l’intrigue qui, de fait, est ailleurs. Car ce qui est au cœur du récit, c’est la méthode, l’instinct du chasseur, le flair, l’anticipation !

Et c’est effectivement réussi.

N’étant pas particulièrement un passionné de romans policiers, je ne connaissais pas Jean Pierre BASTID et Michel MARTENS qui semblent avoir derrière eux une assez longue carrière passée à noircir des pages à quatre mains (je me suis souvent demandé comment on pouvait écrire un livre à deux !) dans les années 70-80. La quatrième de couverture, qui se permet quand même de les affubler du qualificatif de « vieux pépés », considère que, après un long silence, cela ressemble un peu à un retour de flamme, à « un coup de jeune ».

Et, de ce point de vue, il faut reconnaître que la plume ne manque pas de verdeur : les personnages sont croqués, comme des héros de bandes dessinées, à coup de serpe.

L’histoire est superbement fagotée et, même si le terminus est sans surprise, il n’en reste pas moins emmené de main de maître (quand il y en a quatre, c’est peut-être plus facile ?...) : on sent bien, en effet, que ce n’est pas un coup d’essai et que ces deux-là, ont une maîtrise bien réelle de leur sujet.


Difficile de vous en dire plus sans prendre le risque de déflorer une histoire qui, du coup, en perdrait de l’intérêt.

Je vous le conseille donc, car c’est un agréable moment de détente. Pour paraphraser encore la quatrième de couverture, il faut reconnaître une ambiance, créée dans le roman par les auteurs, « dure (et) décapante ».


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