Elle inventa le chantage au sexe, et soumit les hommes de Grèce

Mimiche - 19.09.2018

Livre - Aristophane Lysistrata - Greve du sexe Feminisme - Classiques Arlea


THEATRE CLASSIQUE - Entre Athènes et Sparte, la guerre n’a que trop duré. Les hommes sont partis se battre pour ne parvenir qu’à un épuisement général des forces en présence sans qu’il soit possible de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, les victoires succédant aux défaites. Lysistrata, femme athénienne, a convoqué toutes ses semblables pour leur proposer un serment ambitieux aux fins de rétablir la Paix entre les deux cités grecques : ne faites plus l’amour avec vos hommes et la guerre s’arrêtera, propose-t-elle à toutes les femmes sans distinction !

 


 

Malgré certaines réticences, malgré quelques tentatives pour échapper à cet engagement collectif particulièrement coercitif pour toutes, les athéniennes vont occuper l’Acropole où est conservé l’argent destiné à l’effort de guerre, ce qui, avec le reste, ne manque pas de la couper ... aux hommes enragés par ce double attentat à leurs prérogatives auto-proclamées.

 

Loin de moi l’idée d’aller disserter sur une oeuvre théâtrale qui n’a nullement besoin de ma modeste approbation pour continuer à franchir les siècles avec toujours autant de pertinence et d’actualité.

 

Non, ce qui me paraît intéressant, c’est de prendre quelques dizaines de minutes pour relire un texte (ou lire tout simplement comme c’était mon cas) qui ont franchi vingt cinq siècles sans prendre une ride et qui montrent désespérément que l’histoire se répète, que homo prétendument sapiens ne change pas et qu’il a seulement, au cours de cette période, amplifié dramatiquement ses pouvoirs destructeurs.

 

Une petite différence cependant avec le contexte d’aujourd’hui : les femmes politiques et économiques essaient d’être aussi viriles dans leur positionnement que le sont et l’ont toujours été les hommes, ce qui ne me paraît pas être la plus évidente nécessité.

 

Cette traduction, qui semble prendre un certain contre-pied avec d’autres traductions plus académiques semble-t-il, qui s’engage délibérément dans un vocabulaire peu châtié mais présenté comme l’expression véritable de l’auteur dans le texte original (n’ayant aucune compétence en grec ancien ou moderne, je laisse cette affirmation sous la responsabilité de la traductrice Laetitia Bianchi et du traducteur Raphaël Meltz), que ne rebute ni baise, ni bite, ni couille, ni chatte est particulièrement jubilatoire et mérite de profiter de ces heures encore estivales pour s’en régaler sans aucune restriction.

 

Une petite délectation, je vous dis, que je recommande à tous.


Aristophane, trad. grec Lætitia Bianchi et Raphaël Meltz - Lysistrata - Arléa - 9782363080066 - 7,50 €




Commentaires

Punaise, je prenais plaisir à lire cet article, jusqu'à :

"les femmes politiques et économiques essaient d’être aussi viriles dans leur positionnement que le sont et l’ont toujours été les hommes, ce qui ne me paraît pas être la plus évidente nécessité."

Et si on lâchait la grappe aux femmes politiques et économistes, avec leur positionnement qui devrait être plutôt comme ci ou comme ça ? #paternalisme
Sans déc.

Si les femmes doivent être aussi c... que les hommes, je ne vois pas trop l’intérêt.

On a donné pendant des siècles et si on veut que cela continue, pas la peine de changer quoi que ce soit.

C’est le changement apporté par une démarche féminine et féministe emmenée par Lysistrata qui fait changer les choses.

Pas la recopie de positionnements imbéciles.

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