Emmanuel Macron assassiné par une tablette de chocolat

Nicolas Gary - 21.08.2018

Livre - Tuer Jupiter roman - François Médéline roman - assassinat Emmanuel Macron


ROMAN POLITIQUE FICTION – La mort d’Emmanuel Macron. Pas n’importe comment : un assassinat. Tout ça parce que l'épouse du président lui a refusé une barre chocolatée à l’huile de palme. Et la France s'ouvre dès les premières pages, toute endeuillée. Du Panthéon aux alcôves des puissants qui ont ourdi le crime, Tuer Jupiter frappe fort en cette rentrée.




 

Ce 2 décembre 2018, toute une nation pleure le chef de l’exécutif, en grande pompe porté au Panthéon. La cérémonie est retransmise et commentée sur toutes les chaînes qui existent ; le hahtag #RIPEM qui écrase toute les tendances et les Trend Topics sur les réseaux. Et Brigitte Macron qui porte son époux en son ultime demeure. 

 

À cet instant, le lecteur ignore tout : il découvre avec effarement le déploiement militaire, l’apparat de la cérémonie. Emmanuel Macron est mort. Seule la force de René Char apaise les esprits : « J’ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice. » Et dès lors, le temps va s’inverser, le récit remonter le fil des évènements : comment en est-on arrivé là ? 

 

Il faudra 100 pages aux lecteurs, sur un petit livre de 200, pour le découvrir. Entre temps, on lui aura fait endurer un discours d’hommage de Gérard Collomb — pauvre monsieur, si triste, tant épris de son président ! Jour après jour, découvrir l’embaumement de la dépouille présidentielle. On traverse les revues de presse brossant le triste tableau du monde, un nom surgit, Olivier Barnerie, alias Fayçal Sahin, auteur du meurtre. 

 

Puis, l’arme du crime : la strychnine, poison violent, dont on a fourré des chocolats. Toute une boîte livrée à l’Élysée — « Le président aurait ingéré trois morceaux du chocolat de son fournisseur habituel, après avoir mangé une collation avec son épouse dans les appartements privés de la présidence. » Nous y voilà, les cent pages approchent. Et cette scène fantastique où Manu et Bibi — Emmanuel et Brigitte Macron — se retrouvent pour une séance d’explications. 

 

Le sujet importe peu : le sens du détail, de l’ironie de l’histoire prime. Certainement, le président aurait pioché dans sa boîte de chocolat. Mais il s’y est réfugié plus rapidement que prévu, parce que Brigitte l’a empêché de manger un Snickers, de la junk food. « Le salé ne le rassasiait jamais. Il lui fallait du chocolat ou un machin comme ça. Brigitte balança le Snickers à la poubelle. » Peu après, Jupiter se ruait sur la boîte de douceurs meurtrières – de l’Ecuador 85 %. Brigitte, sans le savoir, a précipité la chute de son époux.

 

La suite, comme le chantait Brassens, serait délectable, malheureusement je ne peux pas la dire et c’est regrettable, ça vous spolierait et pas qu’un peu. Parce que cette boîte assassine, revendiquée par Daesh, est l’œuvre d’un complot mondial. Entre les services d’intelligence des puissances étrangères, les stratagèmes déployés — et que l’on découvre médusé — font frémir. 

 

Toute la scène de pantins politiques se retrouve dans cette mortelle comédie : Poutine et Trump aux premières loges, bien entendu. 

 

François Médéline a produit un roman déroutant : on s’embarque pour une enquête qui s’installe doucement, et s’emballe tout à coup. Une chronologie inversée qui perturbe les repères, chaque information passée ne trouvant son explication qu’à rebours. On se surprend à reprendre certains chapitres pour en savourer un peu mieux le cynisme. Drôle, on retrouve même cette fabuleuse séquence de boycott du stand russe, lors du Salon du livre, par Macron : tout dans la communication, au service de la stratégie… 
 

[Extrait] Tuer Jupiter, de François Médéline

 

Écartant le voile des manipulations politiques à grande échelle – plus subtilement que House of Cards bien qu'on savoure toujours de voir le diable à l’œuvre – Tuer Jupiter n’en donne pas moins une leçon de politique. Pour les puissants, la fin justifie les moyens, et les intérêts divergents parviennent toujours à une croisée des chemins pour oublier un temps leurs oppositions. 

 

Déroutant, jusqu’aux révélations ultimes. Le roi est mort, vive le roi, clamait-on. Avec Macron, la communication est morte : vive la stratégie de communication.



(à paraître 23/08) François Médéline – Tuer Jupiter – Éditions La Manufacture de livres – 9782358872621 – 16,90 €
 

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Commentaires

si seulement c'etait vrai !!!

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