En Égypte, traque aux oeuvres d'art volées par les nazis

Victor De Sepausy - 14.02.2018

Livre - Caire Egypte enquête - Makana oeuvres art - Irak Egypte polar


Le Caire figure parmi ces villes dont le nom seul évoque un obscur exotisme. Et devient propice à une ambiance de polar, avant même la première page. Ajoutez à cela un contexte historique si proche de nous qu’il nous murmure encore aux oreilles. Le cadre est posé : bienvenue dans l’univers de Parker Bilal.



 

 

Septembre 2004, l’offensive américaine en Irak remonte à quelques mois à peine, et en Égypte, la capitale fut agitée par de nombreuses manifestations. Makana, détective privé chevronné, se retrouve sur place, mis en relation avec Aram Kasabian, marchand d’art fortuné, qui apprécie beaucoup qu’on apprécie son opulente fortune.

 

Cette connexion, c’est un ami de Makana, l’artiste Ali Shibaker, qui l’a permise : la mission est simple, traquer un colonel irakien nommé Khadim al-Samari. Lui seul permettra de remettre la main sur une peinture que Kasabian veut impérativement retrouver. Le marchand a été sollicité par un confrère new-yorkais qui dispose d’un grand réseau : il est à l’affût de chef d’œuvres disparues durant le régime nazi, et s’emploie à mettre la main dessus. Et l’on a, pour ce faire, besoin des services de Makana.

 

Quant à al-Samari, tristement célèbre, il a fui les forces américaines, et pour leur échapper, pourrait avoir trouvé refuge en Égypte, via quelques anciens amis militaires. Son lien avec l’œuvre d’art découle de rumeurs : lors de l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, une collection privée fut pillée. C’était la première Guerre du Golfe. Et al-Samari n’était pas loin.

 

Quatrième aventure pour Makana, qui lui fera parcourir des bars délabrés, des discothèques ou encore des mosquées, avec régulièrement des morts atroces. Et fidèle à sa réputation de se mettre régulièrement dans le pétrin, le détective ne dérogera pas…

 

Bien sûr, tout ce qui est écrit remonte aux événements de 2003, lorsque l’armée américaine est arrivée à Bagdad, et s’est emparée du pétrole, tout en négligeant totalement musées et bibliothèques. Dans un entretien, Parker Bilal — Jamal Mahjoub de son vrai nom — expliquait que depuis ce moment, les conséquences progressent mathématiquement. L’apparition du groupe État islamique découle directement de ce coup de force américain. 

 

[Extraits] Le Caire, toile de fond de Parker Bilal
 

Or, son détective, Makana, est originaire du Soudan, expatrié dans les années 90 pour fuir un régime militaire islamiste particulièrement dur. Des personnages forts, comme toujours, une écriture vivante que la traduction ne trahit pas. Pour amateurs de sensations fortes, de complots et de faux-semblants.

 

Parker Bilal, trad. Gérard de Chergé — Le Caire, toile de fond — Éditions du Seuil — 9782021359961 – 22 € / ebook 9 782 021 359 961 – 15,99 €


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