En famille, montez dans Le bus

La Licorne qui lit - 29.08.2018

Livre - Melanie Richoz - Slatkine Le Bus - Rentree litteraire Slatkine


ROMAN FRANCOPHONE – Parce que j’éprouvais une furieuse envie de terminer cette revue estivale avec une talentueuse auteure helvétique. Parce qu’il me tenait à cœur de prouver ici que la francophonie ne s’arrête pas à la France. Parce que les écrivains originaires du pays des montres, des coucous et du chocolat, n’écrivent pas tous des livres longs, trop longs (toute ressemblance avec un personnage existant n’est que pur hasard…). Pour toutes ces raisons, voici Le bus de Mélanie Richoz.




 

Le bus raconte une famille. Une mère, trois filles, Jeanne, Cerise et Léonie, et une petite-fille, Chloé, fille de Léonie. Des femmes, si différentes. Pourtant, elles partagent le même sang, le même ADN, la même histoire, enfin presque.

Car, nous avons beau nous répéter que nous sommes les êtres les plus proches génétiquement, nous restons toujours étonnés, parfois en bien, très souvent en mal, par les comportements, les réactions et les états d’âme de nos frères et de nos sœurs. Ces diverses générations de femmes, dépeintes avec tant de justesse et de bienveillance par Mélanie Richoz, ont un trait commun : elles sont malheureuses, chacune à sa façon. 

 

Le roman est avant tout construit sur Cerise, la conductrice du bus, atteinte dans sa chair par une déformation qui l’empêche d’être une femme, une mère. Alors, pour porter un uniforme qui « la dispense de jouer un rôle relatif à des attentes sexuées », Cerise conduit un bus, et en plus « ça la fait rire de conduire un bus par lequel elle a tant de fois imaginé se faire écraser ».

Chloé, la nièce adorée et la fille jalousée, veut briser le schéma. Selon elle, « être chanceux équivaut à une attitude : tenter, provoquer, défier et saisir les opportunités, et supporter ce qui en découle, y compris le risque d’être heureux ». 

 

Je ne peux que vous exhorter à lire Mélanie Richoz, ergothérapeute de formation, qui a appris à comprendre les gens et retranscrire leurs peines et leurs blessures, sans jugement, ni condescendance. Non pas pour nous faire pleurer, mais plutôt pour nous faire prendre conscience que le bus de notre vie peut, et doit, dévier de son itinéraire. 



 

Note à vous-mêmes : ajoutez à votre liste, J’ai tué Papa, toujours aux Editions Slatkine, roman dans lequel Mélanie Richoz nous place dans la tête d’Antoine, atteint du syndrome d’Asperger, qui voit juste les choses différemment.

 

Alors mes licornettes et mes licorneaux, sortez un peu de votre zone de confort, ouvrez les yeux et respirez un grand coup. L’inconnu, la nouveauté, l’inhabituel peuvent vous entraîner sur des chemins de traverses littéraires dérangeants, étonnants, mais au demeurant fort agréables. Je reviens vite, promis.


Mélanie Richoz – Le Bus – Slatkine Editions – 9782832108819 – 18 €

 

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