Entre Athènes et Sparte, le torchon brûle

Mimiche - 24.08.2018

Livre - La Déesse marguerites boutons or - Martin Millar roman - Aristophane Athènes théâtre


ROMAN ÉTRANGER – Quatre cent vingt et un ans avant l’heure zéro de notre actuel calendrier, Sparte et Athènes se livrent une guerre qui n’arrive pas à désigner un vainqueur, mais qui parvient à faire deux vaincus épuisés par tant de sacrifices.




 

Et s’il reste encore, de part et d’autre, marchands d’armes, militaires ou politiques, à vouloir obstinément poursuivre ces hostilités imbéciles, les populations sont lasses et commencent à espérer de voir revenir la Paix.

 

Même la déesse Athéna, patronne d’Athènes, mais qui reçoit aussi des offrandes de Sparte, commence, elle aussi, à penser que la destruction réciproque a assez duré.

 

Aristophane, jeune dramaturge qui voudrait bien profiter de la mort de Créon, lequel avait largement encouragé le conflit, pour aider les pourparlers de Paix engagés entre les deux cités, va présenter au Festival de Printemps d’Athènes — les Dionysies — sa nouvelle comédie « La Paix ».

 

Mais toutes ces bonnes volontés ont bien du mal à s’opposer aux influences néfastes de la semi-déesse Laet dont les bellicistes ont invoqué l’intervention pour empêcher cette paix d’être conclue.

 

Ainsi, face à la petite fille d’Éris déesse du Conflit, de la Discorde et de la Guerre, Athéna, à qui il est interdit d’entrer dans Athènes pendant les Dionysies, n’a d’autre choix que d’envoyer l’amazone Brémusa accompagnée de la nymphe Méthis — fille de Métricia esprit de la rivière aux dons pour la guérison spirituelle — pour tenter de contrecarrer les agissements de Laet.

 

Dans Athènes, partisans d’un camp comme de l’autre déploient des trésors d’énergie pour contrer les ambitions adverses et faire prévaloir leurs objectifs. Tous les coups (bas) sont permis pour poursuivre la guerre y compris le sabotage financier de la pièce d’Aristophane. La seule présence de Laet semble suffisante pour mettre à bas les accords déjà péniblement arrêtés. Et, pour couronner le tout, Brémusa se considère bien mal secondée par la petite nymphe Méthis dont les dons sont loin d’être aussi puissants que ceux de sa mère et dont les agissements frivoles lui apparaissent bien éloignés de la mission qu’Athéna leur a confiée.

 

 

 

Ce roman est une pure merveille de finesse et d’humour.

 

Autour d’une trame historique et mythologique bien réelle, Martin Millar déroule un scénario d’une qualité tout à fait remarquable, parfaitement desservi par une traduction qui ne l’est pas moins.

 

Découpé en une multitude de petites séquences qui changent régulièrement de personnage central, il est ainsi possible de passer des affres artistiques d’Aristophane, à la rudesse guerrière d’une amazone qui se sent bien mal accompagnée pour donner satisfaction à sa déesse protectrice, à l’optimisme indéfectible d’un poète en mal de reconnaissance, aux complots de généraux spartiates et athéniens, à la défense des intérêts de marchands d’armes, à la vénalité d’une déesse qui offre ses pouvoirs maléfiques au plus offrant, sans oublier les interventions philosophiques de Socrate ou les jeux de deux enfants dans les rues d’Athènes : Platon et Xénophon...

 

Et aussi aux agissements d’une petite nymphe trop heureuse de quitter le temple en ruine où sa mère l’avait laissée, trop heureuse aussi de découvrir la grandeur d’Athènes, mais dont le pouvoir le plus significatif est de faire couvrir la terre, autour d’elle, de magnifiques parterres de marguerites et de boutons d’or !

 

Les hommes et les dieux déploient tous leurs efforts pour faire aboutir leurs convictions et il est amusant de constater que les seconds ne sont pas plus assurés que les premiers du succès de leurs stratagèmes !
 

[Extraits] La déesse des marguerites et des boutons d'or
de Martin Millar

 

La ténacité, l’éloquence, la poésie et la qualité dramaturgique des auteurs, la puissance des fleurs et l’efficacité d’un sourire, la conviction et l’abnégation, la philosophie subtile quoique un peu avinée d’un Socrate sont au rendez-vous d’une histoire pleine de rebondissements dans une Grèce qui voit doucement la puissance des Dieux s’effriter.

 

C’est rafraîchissant, revigorant et adorable.

 

Martin Millar, Traduit de l’anglais (Écosse) par Marianne Groves – La Déesse des marguerites et des boutons d’or – Intervalles – 9782369560418 – 18 €




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.