Et leurs baisers au loin les suivent, de Corinne Royer

La rédaction - 25.03.2017

Livre - Et leurs baisers au loin les suivent - Corinne Royer roman - Actes Sud roman


Parfois, un livre vous attire. À quoi ça tient ? Une belle jaquette, une quatrième de couverture alléchante (avec des adjectifs comme « fiévreux », « envoûtant » et une allusion à mon département, la Saône-et-Loire), une présentation littéraire à Lyon où l’auteure a présenté elle-même son livre.

 

 

 

C’est un peu tout ça qui m’a jetée dans les lets de ce roman, et je dois dire que je n’étais pas pressée de m’en extraire... Le point de départ est pour le moins étonnant : Cassandre vient déclarer à la gendarmerie la disparition de son mari, qui n’est pas rentré depuis deux jours. Jusque-là, rien d’anormal.

 

Mais quand on comprend qu’elle sait très bien où il se trouve (dans le congélateur), on est pour le moins surpris ! Cela aurait pu être le début d’un polar. On saura bien sûr comment Léon a atterri là, mais ce n’est pas le sujet. Non, le vrai suspense, savamment distillé par l’auteure, se trouve dans les lettres que va bientôt recevoir Cassandre.

 

Elles sont envoyées par un mystérieux inconnu et vont peu à peu lui/nous révéler des facettes et des épisodes de la vie de Léon, dont elle n’avait jamais eu connaissance. Connaît-on vraiment les gens que l’on aime ?

 

Quant au récit de Cassandre (écrit à la première personne du singulier), il nous apprend qu’elle vient d’Haïti et a été adoptée très jeune par une famille bourguignonne. Quand elle a épousé son Léon, elle est venue s’installer dans sa ferme près de Bourbon-Lancy.

 

Cette vie de labeur, au fond plutôt heureuse et non dénuée d’amour, même si elle ne lui a pas donné d’enfant, ne lui a jamais fait oublier son pays d’origine, où elle rêve de retourner...

 

Les révélations sur la vie de Léon, tout autant que les confidences de Cassandre, permettent à Corinne Royer d’aborder de nombreux thèmes : l’adoption, la stérilité, la guerre d’Algérie, les querelles familiales... Et tout cela dans une langue ardente, brûlante (pour ne pas dire « envoûtante » — mais il ne sera pas dit que je recopie la quatrième de couv » !).

 

Laëtitia Tillier,
La Mandragore (Chalon-sur Saône)

 

 

en partenariat avec le réseau Initiales