Facebook : Maria veut être ton amie. Elle est morte il y a 25 ans.

Victor De Sepausy - 08.02.2018

Livre - enfants harcèlement école - popularité méchanceté enfants - disparition enfant


À présent qu’a sonné la dernière heure des mots, et de leur sens, on peut tranquillement consentir à ce qu’un ami ne soit rien d’autre qu’un profil d’internaute, jamais rencontré. Voire, que l’on ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, dont la vie nous est totalement étrangère. Un ami. Maria Weston voudrait pourtant bien être amie avec Louise Williams. Seul problème, Maria est morte.



 

 

Maria n’avait rien de cool, quand elle était à l’école. Pour cette raison, mieux valait ne pas être vue avec elle ni, tout simplement, la fréquenter. Jusqu’à cet été en 1989, la dernière école où elle se rendit, et le harcèlement dont elle fut victime. Tout cela est loin, maintenant, presque oublié. Mais quand 25 ans plus tard, Louise reçoit via Facebook une demande d’amitié — oh, galvaudage numérique ! — il y a de quoi flipper.

 

Usurpation d’identité ? Impossible qu’il en soit autrement. Mais Louise veut comprendre, et remonte alors le fil de ce passé lointain, retrouve les amis, les jeux d’enfants. Et la ville natale de Sharne Bay (Norfolk). Les messages ne cessent pour autant pas, de plus en plus inquiétants, et drainant une culpabilité plus lourde encore.

 

Jusqu’à tomber ses des souvenirs qu’elle avait enfouis, profondément : ceux qui touchent à secrets qui ébranleraient la vie qu’elle a soigneusement construite. Maria avait disparu, humiliée, on l’avait présumée morte, ne retrouvant jamais le corps. Mais qui empêchera le passé de resurgir pour régler ses comptes ? 

 

On comprend peut-être mieux la portée du livre avec le titre américain, Friend request, alors que celui choisi par l’éditeur joue plutôt sur l’angoisse que portent les termes. Mais cette proie se retournera assez rapidement contre ses chasseurs, pour leur rendre la vie impossible. 

 

Encore que l’approche française permet de ne pas s’attendre à un polar tournant autour des technologies et des réseaux sociaux — ce qu’il n’est définitivement pas.

 

[Extraits] Une proie si facile de Laura Marshall 
 

Alors, oui et non : le thriller contient son lot de clichés pour ne pas passionner les amateurs rodés aux intrigues. En revanche, le cœur du livre résiderait plutôt dans cet examen des relations qu’entretiennent les enfants avec le bouc émissaire qu’ils choisissent. Le bullying, en anglais traduit par harcèlement, ou intimidation, est en réalité le personnage central. 

 

Une proie si facile est une histoire de passé honteux, d’humiliation — celle de Louise devant Sophie, cette précieuse amie qui lui faisait subir ses quatre volontés — et bien d’autres. Et ce que les générations précédentes ont pu endurer, les suivantes le vivent de la même manière. La narration qui va et vient entre passé et présent est cependant bien construite, le lecteur ne se perd pas en excès d’informations. 

 

Pas un coup de cœur, mais un honnête page-turner.

Laura Marshall, trad. Silke Zimmermann – Une proie si facile – Fleuve Editions – 9782265117792 – 19,90 €


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Pour approfondir

Editeur : Fleuve Noir
Genre :
Total pages : 380
Traducteur :
ISBN : 9782265117792

Une proie si facile

de Laura Marshall(Auteur) Silke Zimmermann(Traducteur)

Maria Weston demande à devenir ton amie.Et si c'était ça, l'origine de tous les problèmes ?

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