Faux Semblants, Jeff Abbott

Clément Solym - 11.02.2008

Livre - Faux - Semblants - Jeff


Ce n’est pas pour me vanter, mais je déteste la télé. J’ai un mal fou et tout particulièrement avec les séries américaines qui vous plongent dans la misère de ce pays, avec la subtilité d’un Zola vous envoyant à la mine. Le moralisme en plus.

Les clichés accourent à la vitesse du cheval au trot (pas trop vite, pour que le spectateur croit qu’il a deviné, non pas qu’on lui mâche le travail) et les mêmes éléments se polarisent autour d’événements invariables. Bref aux clichés s’ajoutent les schémas types. Apportez la bassine, je vais (me) rendre.

Faux semblants réunira ainsi tous les stéréotypes connus, reconnus, bâchés et rabâchés… Soit une petite ville du Texas, de préférence où tout le monde se côtoie. Soit une famille, les Hubble, dont la maman est en lice pour le poste de sénatrice, l’un des fils a mystérieusement disparu, et le second revient dans sa ville natale, lourd d’une carrière très bien remplie d’acteur porno… On tue le second, puisque le premier n’est plus disponible et on lance la police locale, avec ses rancœurs et ses limitations, ainsi qu’un jeune juge Whit Mosley, sur la piste du meurtrier.

Et on a un roman, au supens éthéré, qui rebondit avec la rapidité d’une boule de pétanque.

Tout est écrit à la 3e personne, et finalement, ce n’est pas plus mal. Le mystérieux meurtrier intervient régulièrement, et l’on plonge dans ses pensées confuses, certes, mais surtout retorses. Les personnages ne manquent pas de cohérence, c’est ce qui sauve le livre, mais le tout reste d’une fadeur telle qu’on se croirait devant… une série américaine.

Mention tout de même spéciale au catcheur, reconverti en prêtre musclé, adepte du culte du corps et de la gonflette, qui ne manque pas de relief. Or, c’est bien le seul. Parce qu’en abordant les dernières pages, la résolution s’accélère dans un rythme brouillon et mal fagoté. Si les rebondissements se multiplient, c’est un jeu de fausses pistes insupportable et pas très bien mené.

Quant au meurtrier, plus improbable, tu meurs. Le deux ex machina aurait pu changer ce mauvais thriller-polar en polar de bon aloi – sans surprise, mais honnête – en tombant sur un autre responsable. Mais là. Quand on pense qu'il s'agit du premier tome des aventures palpitantes de Mosley, et de la policière Alazar, ce ne sont pas de fausses sueurs froides que l'on éprouve...

Comme le chantait Brassens, c’est effectivement une histoire de faussaire…


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