Ferrailleurs des mers

Morgane Vasta - 04.07.2013

Livre - post-apo - piraterie - écologie


Fin XXI siècle, en Louisiane. Les villes qui autrefois touchaient le ciel sont aujourd'hui aux ¾ immergées. Des bidonvilles ont poussé le long de la côte et la population survit entre misère et violence.
Nailer fait partie de l'équipe des « légers » : les ferrailleurs encore assez jeunes et fins pour ramper dans les entrailles de cargos échoués. Inhalant jour après jour leurs gaz toxiques, il découpe des fils de cuivre et autres métaux, dans le but de les revendre.


Sa chef et amie Pima, ainsi que tous les jeunes de son équipe veulent un jour devenir comme « Lucky Strike » : tomber sur du pétrole et sortir de la misère (quitte, pour certains, à trahir les leurs).

Après une terrible tempête, alors qu'ils partent seuls en excursion, Nailer et Pima tombent sur le jack-pot : un clipper échoué. En son sein, une unique survivante : une jeune « richarde » chargée de bijoux en or.
Les voilà confrontés à un choix cornélien : prendre la voie sécurisante de la survie, ou bien suivre celle du cœur.

 

L'univers post-apocalyptique créé par Paolo Bacigalupi est riche en surprises. Fourmillant de détails réalistes, il plonge d'entrée le lecteur dans une atmosphère lourde et angoissante.
C'est tambour battant que le récit monte en puissance : on découvre d'abord le monde confiné de Nailer, puis progressivement l'auteur nous ouvre à des enjeux planétaires.
Les personnages ont de la profondeur et évoluent face à des choix universels : sur la balance humaine se confrontent cupidité, animosité, individualisme et conscience.

 

Ferrailleurs des mers, en plus d'être un excellent roman d'aventures porte en lui un fort message humain et écologique.
Ce titre et sa suite "The Drowned Cities" ont d'ailleurs été consacrés, respectivement en 2011 et 2013 par le prestigieux prix Locus dans la catégorie « jeunes adultes ».