Frédéric Beigbeder, Nouvelles sous ecstasy

Clément Solym - 18.12.2007

Livre - Frederic- - Beigbeder - Nouvelles


Nous sommes en 1999, Monsieur F.B. (Aïe) travaille pour Voici, le magazine des coulisses du show-biz dans lequel il pratique ce à quoi votre serviteur se frotte régulièrement : la critique littéraire. Pour la note d’histoire, ce fut même son premier livre chez Gallimard, mais le quatrième d’une série qui comptait déjà l’Amour dure trois ans…

Recueil de nouvelles, au sens strict puisqu’aucune n’était vierge : publiées (ou rédigées) entre 1990 et 1999, elles avaient connue l’œil voyeur du lecteur. Un bouquet bien garni de treize textes, à mi-chemin entre la provocation et l’exercice de style.

Si chacune a son petit mérite, chacune a quelque chose pour plaire, comme ne l’aurait probablement pas chanté Brassens à leur sujet, elles ont toutes l’avantage d’être lisibles rapidement, entre deux arrêts de bus, ou en attendant son tour à la boulangerie pleine à craquer en ce vendredi midi, mais nom de Zeus pourquoi ils sont tous venus maintenant, remarque je vais en profiter pour bouquiner.

Je retiendrai l’attention du lecteur sur une nouvelle passablement vulgaire – mais laquelle ne le serait pas ? – dont j’avais entendu parler, sans jamais me souvenir de la référence : Comment devenir quelqu’un. De l’ensemble des Nouvelles sous Ecstasy, c’est immanquablement elle ma favorite. L’histoire ? Celle d’un chauffeur de taxi broyant du noir, et pas qu’au figuré, si vous me passez ce crapuleux calembour…

Je ne dénigre pas non plus Le jour où j’ai plu aux filles, léger et amusant, jusqu’à une chute qui ne manque pas de cynisme, voire d’un brin de cruauté, mais c’est de bonne guerre. Et tout est dans le titre, croyez-moi. D’autres sont plus plates, plus fades ; je pense à Manuscrit trouvé à Saint-Germain-des-Près, très nombriliste et attendue ou à L’Homme qui regardait les femmes 2. Parce qu’il y a eu un 1, évidemment… Mais l’on trouvera dans chaque une petite perle de phrase bien tournée, qui fait sourire intérieurement. Au moins.

Bref, humour et sexe, drogue sans rock and roll mais avec un supplément décape-four, si comme moi vous n’aviez jamais pris le temps, ce petit livre a de quoi séduire. D’autant qu’une édition moins chère que celle de NRF existe. Plus besoin de rentabiliser ton bouquin, hein Fred...