Guerre Froide et jeux d'échecs : Arnaldur Indridason au sommet

Mimiche - 12.07.2018

Livre - Arnaldur Indridason roman - commissaire Marion Briem - Guerre Froide Russes


Reykjavik, 1972. Une grande fébrilité accompagne le tournoi d’échecs qui va opposer Fisher et Spassky sur fond de Guerre froide.

 

La capitale de l’Islande est devenue un nid d’espions dans les ambassades soviétique et américaine et la police islandaise est momentanément détournée de ses missions habituelles pour assurer la sécurité autour des joueurs alors même que Fisher continue de poser d’impossibles conditions quant au déroulement de ce match, depuis les États Unis.




 

Dans une petite salle de cinéma confidentielle d’un quartier discret de Reykjavik, le Hafnarbio, Ragnar Einarson, un adolescent, s’est installé dans son fauteuil de prédilection, comme il en a dans quasi toutes les salles de la ville qu’il fréquente avec assiduité, dévorant film sur film.

 

Ragnar est un enfant qu’une terrible chute dans un escalier vers l’âge de quatre ans a privé de certaines facultés, et, s’il est sorti physiquement indemne d’un coma de deux jours, il est resté intellectuellement un peu limité.

 

Ce qui ne l’empêche nullement d’aller au cinéma muni de son éternel cartable dans lequel il cache un magnétophone à cassettes avec lequel il enregistre la bande-son des films à la projection desquels il assiste, pour pouvoir les réécouter tranquillement chez lui. Tout en sachant très bien que ce qu’il fait n’est pas autorisé du tout.

 

Quand les lumières sont enfin rallumées, le personnel du cinéma a découvert Ragnar affaissé dans son fauteuil, baignant dans une mare de sang.

 

Poignardé au couteau, de manière très professionnelle, conclut rapidement la police qui va également découvrir que le cartable de Ragnar a mystérieusement disparu et que les quelques spectateurs, qu’ils parviennent à retrouver grâce à un appel à témoins, n’ont pas vu ou entendu quoi que ce soit dans la salle pendant la projection.

 

Marion Briem et son adjoint Albert, de la Criminelle, vont mener, eux aussi, une magistrale partie d’échecs pour découvrir ce qui a bien pu conduire à la mort du jeune Ragnar dont ils sont rapidement convaincus que le seul tord a été de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.
 

Bandes originales de livres : faire entendre
l’autre petite musique de l’auteur

 

Avec pour toile de fond tant d’une des grandes heures tant de la Guerre froide que de la lutte mondiale pour la domination du monde des Échecs, ce roman policier bénéficie d’un cadre véridique pour y impliquer les enquêteurs en marge d’évènements qui dépassent totalement le petit état islandais coincé entre les deux mastodontes américain et soviétique.

 

Ce qui a pour effet d’ajouter au réalisme d’une narration autour du crime commis dans l’obscurité d’une salle de cinéma où, par essence, les spectateurs ne vont généralement pas là pour y observer leurs voisins de salle, mais plutôt pour admirer les acteurs sur le grand écran.

 

Arnaldur Indridason crée, autour de ses personnages, toute une immense scène où nombreux sont les personnages secondaires qui prennent pourtant une vraie dimension tant les enquêteurs fouillent toutes les pistes et mettent à jour des pans entiers de la vie de chacun d’entre eux.

 

Insérant périodiquement des chapitres où il développe, par flash-back, le passé de la Commissaire, Arnaldur Indridason en profite pour nous entraîner dans les relations historiques de l’Islande et du Danemark. Celles-ci, bien que distendues après la proclamation de la République, restaient encore ancrées profondément dans le quotidien au moment où Marion, enfant, se débattait avec une tuberculose. Les médicaments ne savaient pas encore la guérir et l’ont contrainte à l’exil au Danemark pour y être soignée dans une institution réputée — n’ayant pourtant pas encore les moyens d’éviter à nombre de ses pensionnaires, enfants plus ou moins durement atteints, d’y succomber.
 

[Extraits] Le duel de Arnaldur Indridason

 

Il y a une tristesse continue dans ce livre aussi bien liée au climat et à la tristesse du ciel, qu’aux propres sentiments de culpabilité de Marion Briem qui peine à détricoter ce qui a conduit à l’assassinat du jeune Ragnar et à maîtriser des relations difficiles avec son adjoint Albert lequel n’accepte pas les méthodes de Marion quand elle l’exclut de certaines informations essentielles, ou encore à la vie de solitude de la Commissaire qui ne peut pas s’extirper si facilement de son histoire familiale et de tous les traumatismes que sa maladie lui a fait encaisser.

 

Tout cela en fait plus qu’un simple roman policier.

 

 

Arnaldur Indridason, trad. Eric BOury – Le duel – Points — 9 782 757 852 101 – 7,90 €




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Pour approfondir

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Le duel

de Arnaldur Indridason(Auteur) Éric Boury(Traducteur)

Eté 1972. Le commissaire Marion Briem n'a que faire de la Guerre froide, des Russes et des Américains qui s'affrontent à Reykjavik lors d'un championnat d'échecs : un adolescent vient d'être assassiné dans un cinéma de quartier. Très vite pourtant, elle comprend que ce meurtre est lié au duel annoncé. Mais dans l'ambiance survoltée qui règne en ville, la tâche du futur mentor d'Erlendur n'a rien d'aisée.

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