Gunnar Staalesen et Varg Veum : le diable a encore frappé

Victor De Sepausy - 24.09.2018

Livre - Varg Veum polar - Gunnar Staalesen Gaia - Gaia RL2018


POLAR ÉTRANGER – Cambriolage dans une bijouterie, totalement bidonné, mais particulièrement violent. Varg Veum, détective privé de Bergen (capitale du comté de Hordaland, en Norvège), mène l'enquête. Entre la disparition d'un enfant, survenue voilà 25 ans, et ce crime, un lien ?

 


Varg Veum c'est du polar nordique pur sucre dont avait été tirée une série. Le mec est dépressif et fait tout le temps la gueule. Voilà d'ailleurs trois ans qu'il a perdu sa petite amie, Karin (voir son précédent roman) — ce qui explique la spirale autodestructrice dans laquelle il s'est plongé. Sa vie, tant perso que professionnelle part en cacahuètes.

À 59 ans (rappelons qu'il a commencé sa carrière en 1977...), voici qu'une chance de sortir de sa dépression sévère se présente. Aider Maja Misvær, une mère en deuil. Sa fille a disparu sans laisser de traces en 1977... Pas mal. Accessoirement, pour les finances du détective, une affaire ne serait pas de refus : depuis quelque temps, il n'a que des affaires de mœurs à se mettre sous le chapeau. Unique restriction : il ne conduit pas.

Nous sommes en mars 2012 : Mette Misvær avait trois ans quand elle jouait dans le bac à sable parental, et subitement, elle n'était plus là. Le délai de prescription approche : seul Veum peut encore faire quelque chose avant que l'affaire ne soit définitivement classée. 

Et l'investigation débute par l'interrogatoire des voisins, classique. Ils ne sont plus que cinq à résider encore dans le quartier, au moment de la disparition. Déménagements ou divorce ont eu raison des couples alentour. Et à force de creuser, Veum aboutit à un ensemble de mensonges, de secrets et d'événements brutaux, qui ont été méticuleusement dissimulés. 

L'avantage immense avec les romans de Staalesen, c'est cette aisance avec laquelle on entre dans le récit. On se coule littéralement dans l'intrigue, suivant les méandres où Varg Veum nous embarque, avec un humour cynique d'un naturel déconcertant. Déterminé, l'inspecteur ne lâche rien. 

Si l'on respire quelques effluves de série télévisée policière des années 70 — Veum est loin d'être un modèle d'avant-gardisme — c'est aussi une ambiance qui se construit. Révélations après découvertes, les fils apparaissent avec méthode et régularité. On ne remue pas le passé sans imaginer qu'on va trouver un bal de squelettes dans les placards norvégiens.

Gunnar Staalesen nous offre une démonstration de ce que le polar nordique peut avoir de meilleur. La prose est frappante, puissante, et pourtant toute en sobriété. Et la police locale, servant de repoussoir tant elle est incompétente, rend le personnage plus spectaculaire encore.

Glacial et délicieux. 

Gunnar Staalesen, trad. Alex Fouillet (norvégien) — Où les roses ne meurent jamais — Gaïa — 9782847208719 – 22 €
 

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