Hériter de l'Empire, ou comment être le fils de Napoléon

Audrey Le Roy - 30.12.2015

Livre - Napoléon Aiglon - Empire héritage


L’Empire en héritage de Serge Hayat, publié chez Allary Éditions, est un roman historique qui met en scène le fils de Napoléon, l’Aiglon. Un bref rappel s’impose : l’Empereur Napoléon épouse en secondes noces la fille de François Ier, empereur d’Autriche, Marie-Louise d’Autriche, car son mariage avec Joséphine restait stérile. Neuf mois après leur nuit de noces vient au monde Napoléon François Charles Joseph Bonaparte, le 20 mars 1811 au palais des Tuileries. Il est de suite titré Roi de Rome. 

 

 


Napoléon abdique une première fois à Fontainebleau le 6 avril 1814. Le 20 avril, il fait ses adieux à son armée et embarque pour l’île d’Elbe. Il refuse que sa femme et son fils l’accompagnent. Le 23 avril 1814, Marie-Louise et Napoléon François partent pour Vienne. Le 22 juillet 1818, l’Aiglon devient le duc de Reichstadt. Il reçoit à la cour une très bonne éducation et devient caporal en 1822. En 1826, il souhaite devenir officier et sera donc formé dans ce but. En août 1828, il est nommé capitaine dans le régiment de chasseurs tyroliens. 

 

D’un point de vue politique, beaucoup de questions se posent. En tant que fils de Napoléon,  il fait peur aux cours européennes, malgré des possibilités de devenir roi de Belgique puis de Pologne, rien n’aboutit, le souvenir du père ne joue pas en sa faveur.

 

Au début de l’année 1832, l’Aiglon développe une pneumonie, il en mourra le 22 juillet 1832. Et si, celui que l’on appelle Frantz, n’était pas mort ? Et s’il s’était enfui pour Paris afin de reconquérir le trône dont il devait hériter ? 

 

L’Histoire se termine, la fiction commence. Tous les ingrédients sont présents pour faire de ce livre un roman d’aventures : un jeune homme qui souhaite marcher sur les traces de son père, mais qui doute de ses compétences, une jolie intrigante prête à tout pour se faire une place au soleil, des éminences grises, Metternich pour l’Autriche et Talleyrand pour la France. 


Le duc de Reichstadt se sent emprisonné à la cour de Vienne où l’on refuse de lui donner des responsabilités si ce n’est d’organiser un bal. C’est au cours de ce bal qu’il va rencontrer Mlle Vicentini, une charmante Italienne, qui l’informe qu’à Paris le peuple le réclame. Le jeune homme, âgé de seize ans, y voit l’opportunité d’enfin occuper la place qui lui revient. 


Un soir, le plan d’évasion prend forme, Frantz va être transporté en calèche, caché sous des valises jusqu’à la frontière française. À Vienne, c’est le chaos. Afin que l’information ne s’ébruite pas, Metternich décide de faire croire que le fils de Napoléon est malade et qu’il doit être mis en quarantaine. 

 

 


Frantz, lui, est en France, mais les choses ne se passent pas comme il le pensait, il se retrouve de nouveau prisonnier d’un groupe bonapartiste commandé par Louis-Napoléon, neveu de l’Empereur déchu. À Vienne, on finit par le déclarer mort, Metternich donne des ordres pour qu’il soit retrouvé à Paris et que l’on s’en débarrasse. Complot, fuite, amour, voyage, l’Aiglon vole d’aventure en aventure qui le mènera jusqu’à l’île de Sainte-Hélène. 

Comme je le disais tous les ingrédients sont là et pourtant n’est pas Dumas qui veut.

 

Le livre se lit bien certes, mais les personnages manquent de charisme et le suspens n’est pas assez appuyé. On devine bien trop vite où l’auteur souhaite nous amener et cela gâche quelque peu le plaisir. Dommage.