Il faut rire, dans un instant tout sera fini

Auteur invité - 02.09.2019

Livre - Espece de dédale pour temps présents - Guy Ferdinande - L'âne qui butine


OBJET LITTÉRAIRE NON IDENTIFIABLE -  « On lit ces textes comme on marche, plus exactement comme on réfléchit en marchant. » À propos du livre Espèce de dédale pour temps présents, l ’éditrice Anne Letoré évoque « une sorte de route pavée où l'on peut trébucher sur l'aigu de la pensée, s'arrêter pour penser au-delà, s'asseoir sur la rondeur du propos. »
 
 
 
De Guy Ferdinande, l’on se souvient des Dîners des Vilains Bonhommes (et Bonnes Femmes), du foutoir zutique cher à Rimbaud, de multiples revues entre Le Dépli amoureux et L’igloo dans la dune, de dessins à ne pas mettre entre toutes les mains, de sa force de cuir noir, d’une manière d’être au monde proche du surréalisme et de ce bloc d’abîme qu’est l’écrivain Annie Lebrun.
 
Mais voilà. Impossible de ranger Espèce de dédale pour temps présents dans un genre. Impossible d’y coller une étiquette.

Livre inclassable composé de quarante textes, et de nombreux dessins de l’auteur : têtes terriblement humaines où le noir et blanc ajoute à la force d’expression.
 
D’où viennent les textes ? La question a été posée à Guy Ferdinande. « Certainement d’un incessant commerce entre ce que tend la langue et ce qui nous parvient du monde, commerce ou tir croisé nous faisant obligation de nous démerder sous peine de... » 

Guy Ferdinande n’est pas le type à s’épancher sur son œuvre. Il écrit : « S’il est une chose qui, selon moi, ne devrait pas manquer d’intriguer les bonnes gens, c’est le fait littéralement extraordinaire que les écrivains ont toujours quelque chose à dire. Chose qui m’impressionne d’autant plus qu’il m’arrive, moi aussi, de penser que si j’avais de la bouteille je me jetterais à l’eau. »
 
Dans Espèce de dédale pour temps présents, il y a une plongée dans le Lille intime et ouvrier de l’enfance, il y a des yeux sous l’amer qui, à force d’être 20 000, font mal aux yeux, il y a des enfants qui ne nous disent pas tout, il y a de l’entre-nerfs entre hue et à dia, il y a des anaphores en il y a. Il y a un tas d’autres choses : « Avec ses pleins, avec ses déliés, avec ses encres, avec ses amarres, ça fait comme un monde... »
 
L’écriture est sans concessions. Il s’agit de sauver sa peau. D’échapper au lâcher des taureaux. L’humour noir est une planche de salut.
 
« Certes, il y a toujours eu de quoi se payer une pinte de rire à la fin. Pourquoi peut-on rire à la fin ? Cette question ! On peut rire parce que dans un instant ça va être fini. »
 
HERVÉ LEROY


Guy Ferdinande – Espèce de dédale pour temps présents - L’âne qui butine - 9782919712175 – 22 €
   



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