Insurrections ! en territoire sexuel, Wendy Delorme

Clément Solym - 24.03.2009

Livre - insurrections - territoire - sexuel


Ah... Wendy... Autant le dire : tu m'as trompé. D'abord, parce que tu ne t'appelles pas Wendy, mais Stéphanie. Ensuite, parce que j'ai attendu la dernière des pages pour tenter de percer ton mystère, et que ce n'est qu'au Salon du livre, lorsque tu tentas de décortiquer le mot 'schizophrénique ' pour me le dédicacer, que tout m'apparut plus limpide que jamais.

Ah... Wendy... Partager le nom d'une fille kidnappée par ce petit garçon qui ne voulait pas grandir, est-ce bien sérieux. Mais toi-même, es-tu bien sérieuse ? On le jurerait à découvrir ces nouvelles vibrantes, intenses et pourtant... Dans ton regard, derrière le stand du Diable Vauvert, à l'abri derrière une muraille de livres, une seconde, nos regards se sont croisés, et toutes ces lignes me sont apparues plus limpides.

 

Ah... Wendy... Depuis, ton image se balade entre les pages insurrectionnelles de ces territoires intimes où tu nous embarques. Attention : pas d'escale. Le vol est direct. Direction la nudité, la cruauté, le plaisir et les orgasmes. Ceux que l'on donne, que l'on prend, que l'on se laisse avoir, ou qu'on concède. Pays imaginaire ? Pas impossible, parce qu'en l'absence de la fée clochette, il faut bien trouver la magie quelque part.

 

Ah... Wendy... Non, décidément, tes textes m'avaient conquis bien avant notre rencontre ; maintenant que je les relis, ils ont un goût plus fort. Les vagins dans lesquels on enfonce son poing, à vif, tendrement, mais à vif, c'est une pornographie sans vulgarité. J'ignore si dans le Pays imaginaire on sait ce que signifie la provocation ; j'ignore même si dans ton Pays imaginaire, on ne pourrait pas librement parler de tous ces rapports, ces relations, ces amours lesbiens déchaînés, ou pire, ces amours tout court.

 

Bien sûr, ce livre, je ne l'ai pas conseillé à n'importe qui : personnes avisées avant tout. Et celles qui ne le sont pas, tant pis, le livre les retiendra tout de même. Il suffit de savoir que Peter Pan est indisponible et que son répondeur est saturé. Alors pour laisser un message, c'est par toi qu'il faut passer. Mais ce sont tes histoires que l'on écoutera, avant même d'avoir envie de raconter la sienne.

 

Vois-tu, Wendy, j'ai dû rougir de la tête au pied en essayant de te dire à quel point, ce que tu as écrit, tu l'as fait avec douceur, et que je n'arrivais pas à savoir où s'arrêtait réellement la fiction ni où tu te cachais. Entre les lignes, c'est certain... Je me suis perdu plusieurs fois à vouloir t'y trouver, avec pour seule branche qui m'évitait de tomber, un chapitre, puis un autre, et une nouvelle histoire racontant les ébats, les débats, ces êtres qui se débattent à tenter d'être, d'exister. Parfois, c'est touchant comme une balle d'argent en plein dans le coeur d'un vampire. Autant dire que c'est souvent mortel.

 

Voilà Wendy. Ton livre est une perle, qu'il soit fictif ou non. Et que je t'ai saluée, disant au revoir, à bientôt, ce n'était pas pour la forme. J'y suis retourné. Dans ce no man's land, ces territoires que tu as voulus sexuels, et qui peut-être le sont bien moins qu'ils n'y paraissent. Derrière la nudité de la chair, tu as pris soin de dissimuler un être, qui veut, qui voudrait ; qui pense ses actes et en rêve certains, donc qui est... Sous les pavés, la plage. Derrière la chair, l'identité à construire. Ou affirmer.

 
 

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