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J-G Ballard : Nouvelles complètes, tome 1 1956-1962

Franck G Bessone - 13.03.2009

Livre - Ballard - nouvelles - completes


Les éditions Tristram ont commencé à éditer de nouveau l’ensemble des nouvelles de J. G. Ballard. Voici le premier volume, recouvrant les nouvelles allant de 1956 à 1962. 28 nouvelles au total dans cette première fournée. Certaines étaient inédites jusqu’à présent, d’autres épuisées, beaucoup introuvables ! L’original de cette intégrale est le fait des éditions anglaises Flamingo, et date de 2001, puis de HarperPerennial en 2006.




 
La science-fiction dans la peau

La figure de Ballard est principalement connue en France grâce au cinéma par l’adaptation de l’excellent, troublant et provoquant Crash, réalisé par David Cronenberg. Ce premier volume va nous permettre de replonger avec bonheur dans les univers visionnaires imaginés par Ballard, « un présent visionnaire » précise-t-il, la plupart des histoires ne relevant pas de la science-fiction proprement dite (ce que les premiers lecteurs de Ballard n’ont eu de cesse de remarquer puisque d’abord parues dans des revues de science-fiction, ces nouvelles ont suscité à l’époque nombre plaintes qu’il ne s’agissait pas du tout de science-fiction !), comme nous le confie Ballard lui-même dans la préface : « Je m’intéressais au vrai futur que je voyais approcher, et moins au futur inventé que préférait la science-fiction ». Et le lecteur aujourd’hui sera sans doute frappé par l’incroyable justesse (prescience ?) des univers imaginés, en témoigne « Numéro 5, les étoiles » où la présence de l’ordinateur est devenue chose commune dans le quotidien des gens, et la nouvelle date de… 1961 !

Le mot « anticipation » conviendrait donc mieux s’il s’agissait de définir le genre de ces nouvelles ; cependant classer, étiqueter revient à les amoindrir, car elles touchent toutes à plusieurs genres ! et offrent parfois un curieux mélange de fantastique, de merveilleux et d’étrange/insolite.

Enchevêtrements de thèmes

Zone de terreur traite du thème fantastique du double (et/ou du fantôme) ; Le sourire de Vénus, flirte avec celui de l’œuvre d’art qui prend vit, en l’occurrence une statue qui n’est pas sans nous rappeler La Vénus d’Ille de Mérimée, sauf qu’ici il s’agit d’une sculpture sonique, faite de matériaux qui émettent une musique. Trois, deux, un, zéro ! relate le pouvoir magique que découvre un employé de compagnie d’assurance de voir se réaliser ses désirs de morts les plus secrets s’il les note dans son journal intime. L’homme saturé, nous convie à suivre comment un homme, licencié et fatigué de son environnement proche, aussi bien familial que géographique, parvient progressivement à s’extraire du monde réel par la pensée, à annihiler objets et personnes en une masse informe de couleurs où il peut à sa guise planer jusqu’à littéralement se perdre.

D’autres offrent des moments d’anticipation pure ; La ville concentrationnaire, où quelqu’un cherche à savoir s’il existe quelque chose au-delà de l’immense Ville où il habite et où l’espace libre n’existe plus ; Fin fond, où la Terre est quasi asséchée (l’océan Atlantique est devenu un simple lac) ; la nouvelle Le débruiteur, elle, imagine un appareil capable de débarrasser les résidus laissés par les bruits et les sons (pollution sonore due au développement urbain) ; et Numéro 5, les Etoiles une machine (appelée verséthiseur) qu’on programme pour écrire de la poésie.

Et des monuments de SF

Certaines, cependant, sont de la pure SF ! Les terrains d’attente aborde les autres formes de vie dans l’univers, Un assassin très comme il faut le voyage dans le temps. Quand tous ses univers se mélangent, il apparaît bien illusoire inutile de vouloir tenter de cataloguer ces nouvelles ! Plutôt donc que de les cataloguer, il est davantage enrichissant de plonger dedans pour découvrir que, par-dessus tout, Ballard donne corps à ses angoisses, phantasmes ; que l’ensemble est traversé par des thèmes récurrents, la folie, l’enfermement, l’obsession du temps, par des figures, telles celle du psychiatre, du médecin, ou du scientifique d’un côté et de l’autre celle du schizophrène ou du paranoïaque ; que toute avancée scientifique, médicale ou autre, pose la question du progrès et/ou de l’amélioration des conditions de vie humaine.


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