Je m'appelle livre et je vais vous raconter mon histoire : le héros est en papier

Cécile Pellerin - 11.02.2015

Livre - livre - écriture - Histoire


HProposé avec une couverture rigide en noir et blanc d'un esthétisme épuré, tendance « naturel » et un papier d'un grammage plutôt dense, ce livre à destination de la jeunesse dès 11 ans, se présente donc, avant tout,  comme un objet artistique précieux et beau.

 

Ici le narrateur est l'objet, le livre même qui entreprend, sous la plume  du poète guyanais John Agard, de relater ses origines, sa propre histoire en remontant le fil du temps. Educatif et astucieux, parsemé de citations et d'anecdotes insolites, voici le récit chronologique et romanesque de l'histoire du Livre en personne.

 

Loin d'être ennuyeux, trop technique ou encyclopédique, l'ouvrage invite à la rêverie et au voyage tout en délivrant des repères historiques à la fois passionnants et parfois oubliés ou méconnus.

Le lecteur découvre ainsi que l'écriture, d'abord réservée aux initiés, représentée sous forme de dessins (hiéroglyphes) et destinée à quelques privilégiés va se démocratiser en devenant phonétique grâce à l'invention de l'alphabet (merci aux Phéniciens) et se répandre dans de nombreux pays à travers le monde.

 

De la pierre, au papyrus, à la peau de mouton (plus de 200 moutons pour une seule Bible !), tous les supports, plus ou moins pratiques, fragiles ou économiques ont accompagné l'écriture et les histoires avant que l'arbre (grâce aux Romains) ne commence à servir de matière première aux premiers livres (codex).

 

De la plume d'oie à la plume de cygne, à celle du corbeau ou même du dindon, les volatiles étaient bien utiles comme outil d'écriture avant d'être remplacés au XIXème siècle par la plume d'acier puis le stylo.

L'invention du papier serait chinoise, exportée ensuite par les Arabes. Mais c'est l'imprimerie qui permettra au livre de se développer, de devenir un objet quotidien, accessible au plus grand nombre, capable d'ouvrir les consciences, de transmettre des idées nouvelles, de développer le savoir et la connaissance.

 

De l'ouvrage relié au livre broché, des formats poche au développement des bibliothèques qui deviennent publiques, le livre s'émancipe jusqu'à se dématérialiser et devenir aujourd'hui un objet numérique sans odeur ni pages écornées.

 

Simple et poétique, divertissant et joliment illustré, la lecture est facile ; les chapitres courts s'agrémentent de citations relatives aux livres et à la lecture, s'accompagnent des illustrations de Neil Packer, graphiste anglais, permettent aussi (l'air de rien) d'expliquer avec intérêt l'origine de certains mots comme papier (papyrus), parchemin (Pergame), rouleau (volumen), etc.

Un ouvrage sans prétention, sans révolution non plus.