Je vais te rendre follement heureuse, Daniel Morin

Clément Solym - 23.02.2010

Livre - rendre - follement - heureuse


Au sein de la rédaction ActuaLitté, un jour comme les autres.

Laurianne B. : Nicolas ?
Nicolas Gary : hum’ ? Que veux-tu encore ?
Laurianne : euh… juste te donner les chroniques musique de la semaine, j’ai en quatre là et…
Nicolas : Attends… tu entends ?
Laurianne : Non, quoi ?
Nicolas : Le calme autour de moi a disparu…Tu vois, les albums de rock, passe encore, tant que tu as tes écouteurs, mais le bureau du patron, c’est plutôt Silence & Garde ton Funk Tel Quel, ok cocotte ?
Laurianne : (Révoltée) Mais attends, Nicolas, « cocotte », tu vas…

Nicolas : Ah ! Laurianne, Laurianne, Laurianne… D’accord, tu as un joli prénom qu’en Papouasie, on traduit par Nénuphar Doré Qui Illumine Les Lendemains De Cuite… Mais tu crois vraiment que celui qui est adulé par les attachées de presse de toutes les maisons d’édition - même chez Hachette, dans les plus hautes sphères - n'a pas saisi ton manège ? Allons, je sais pourquoi tu es venue. Tu sais quel est mon nom : Le saigneur de ses dames, Ze Human Bouillotte, dont rêvent les orphelines de la couette pour réchauffer autre chose que leurs pieds glacés par l’indifférence d’un lit solitaire ! Tu viens sous le prétexte d’une poignée de chroniques, et tu comptes repartir avec une poignée d’orgasmes…

Mais sache, jeune fille, que du Centre-Afrique à Buenos Aires, des statues à mon effigie furent érigées bien avant que Daniel Morin ne tête sa première nourrice. Les femmes, toutes les femmes, y déposent des offrandes en remerciement. Ou s’y attachent des jours entiers espérant être ainsi fécondées. Des voiles tissés de poils de mon torse dérobés aux paillasses où je me couche se vendent à prix d’or dans les pays où l’islam règne ! J'ai même vu des burqas tressées de mes poils pubiens blonds comme les blés...

Lisant mes chroniques cinglantes, elles s’imaginent que je leur parle. Elles me voient tel un Don Juan (oui, parce que toutes ne sont pas très futées, mais je leur pardonne…) et s’abandonnent aux délices de mes sentences. Elles murmurent mes poèmes à leurs filles, caressant de leur âme que les rayons de la lune illuminent l’espoir enivrant d’un jour respirer ma sueur de mâle. Et sur leurs courbes généreuses telles les dunes chaudes du Sahara où je pourrais courir nu durant des jours elles font couler une eau apâisante pour calmer leurs dérives, alors qu'elles songent à ces muscles bandés qui me font le corps d’un insaisissable Apollon !

Non, vois-tu, Laurianne, j’ai tout appris à Daniel Morin, et d’ailleurs il m’a repris cette phrase que je dis toujours : « Ça me fait plaisir en ces temps difficiles que ces femmes trouvent un peu de réconfort en songeant à cette personne exceptionnelle que je suis, et dont l’intelligence fulgurante est à l’image de mon physique de rêve ». C’est ma mission sur Terre !

Laurianne :
(épouvantée) Non, mais ça va pas ? T’as vu le…
Nicolas : (soupir) Non, ne dis rien, petite souillon. Tu viens de voir ton dieu et tu es toute tourneboulée. Tu parles avec dieu, mais, non, ne me remercie pas, ça me fait plaisir…

Soudain, l’ambiance éthérée s’estompe, une voix toute douce reprend


Nicolas : Laurianne, oh, Laurianne, debout : la machine à café n’est pas un endroit décent pour s’endormir…
Laurianne : Ah, quoi ?... oui, je songeais à ma dernière lecture…
Nicolas : Celle que tu dois pondre depuis vingt-huit jours ?
Laurianne : (toute émoustillée) Hmmm, c’était bon… J’ai rêvé que tu te prenais pour Daniel Morin, le chroniqueur du Fou du roi sur France Inter. Il a sorti un livre Je vais te rendre follement heureuse, ne me remercie pas ça me fait plaisir aux éditions Fetjaine. Ça reprend ses expériences avec les femmes… Un homme sincère, pur, honnête, quoi… Ce livre c’est quatre ans de chroniques chez Stephane Bern. Cynique, amusant et dans le rôle du type imbu de sa personnalité. Un ensemble de mise en situations très drôles, où il n’a pas sa langue dans sa poche face à certains invités comme Franck Dubosc ou encore Jean-François Copé. C’est un vraiment moment de rigolade… encore faut-il que les femmes aient de l’humour, quelquefois ce n’est qu’en option dans l’ADN.

Nicolas : Bon, mais quel public on va cibler avec ça ? Oublie pas que ça ne sert à rien de publier un texte de chronique si la ménagère ne s’y retrouve pas, que nos annonceurs nous trouvent trop agressifs et qu’Alain Beuve-Marie n’aime pas le bouquin… Et plutôt que d’essayer de penser, chose inutile quand, dans ton cas, on n’est pas équipée pour, oublie pas mon café.

Et ne me remercie pas de travailler avec moi, j’ai conscience d’être la perfection masculine incarnée. Ça me fait plaisir… et je sais que ça te rend follement heureuse…


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