Jérusalem, d'Alan Moore : humour et drame, du récit intime au conte gothique

Auteur invité - 08.12.2017

Livre - Jerusalem Alan Moore - traduction Moore Claro - roman Jerusalem Moore


Dans cette vie contemporaine qui ne laisse le temps de rien, pourquoi s’engager dans la lecture des 1 300 pages de Jérusalem et ses multiples histoires sur le quartier populaire des Boroughs à Northampton ? 



 

 

Primo, parce que c’est passionnant. Moore tend ses récits de telle sorte qu’une première phrase lue provoque le désir d’en savoir plus. Veut-on s’arrêter que c’est déjà trop tard : il est trois heures du matin. Il kidnappe son lecteur, l’emmène à Northampton et c’est captivant, toujours inattendu et sans artifice.

Car Moore varie les époques, les personnages, la narration elle-même qui passe du récit intime au conte gothique, de l’humour au drame, avec une cohérence telle qu’elle relève du prodige. 

Secundo, parce qu’avec Jérusalem, Moore interroge la nature du roman social. Comment parler des multitudes populaires qui, d’âge en âge, ont fait une ville ? Comment dire leurs vies sans rien confisquer de leur dignité, mais au contraire rendre l’aventure que fut leur existence, en y cultivant la magie et le mystère propres à les faire entrer dans la mythologie ? 

Tertio, parce qu’on assiste à un exploit de traduction. On connaît, évidemment, l’immense talent de Claro qui rend ici les nuances de style, de genre littéraire, de vocabulaire, tout en conservant la cohérence de l’ensemble, avec une réussite qui impose le respect. On lit Jérusalem en oubliant que c’est un livre traduit. La langue de Claro s’est mêlée à celle de Moore. 

On devrait aussi parler de politique, de poésie, de théâtre, de symbolisme... mais ce serait perdre trop de temps, quand celui-ci ne demande qu’à être dilaté par la lecture de Jérusalem
 

Avec Jérusalem, Alan Moore
“réalise certainement son meilleur film” (Claro)


Ce roman, c’est la tétralogie wagnérienne de L’Anneau des Nibelungen si elle avait été composée par un barde celte anarchiste et chantée par un griot africain. Ou chantée par un bluesman du Mississippi qui puiserait son inspiration dans des histoires de fantômes chinois.
 


© Rafael Levy



Le parfum qui s’en dégage est pourtant unique : celui des maisons délabrées des quartiers populaires d’une ville du centre de l’Angleterre. Les filaments du monde sont emmêlés de façon bien étrange. 

Philippe Marczewski,
Livre aux Trésors (Liège) 

 



Jerusalem — Alan Moore, traduction par Claro — 9 791 095 086 444  — Editions Inculte – 28,90 € - tirage initial à 12.000 exemplaires.

 


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