Jours toxiques, de Roxanna Robinson

Clément Solym - 24.09.2010

Livre - professeure - art - pere


Julia travaille à New York, mais dispose d’une vieille maison dans le Maine où elle passe ses loisirs à peindre. Peindre le golfe qui s’étend face à elle, face au ponton où est amarré un petit bateau à moteur.

Julia est divorcée depuis quelques années déjà. Son ex-mari Wendell s’est remarié. Ils se croisent rarement, car toutes les années communes n’ont pas suffi à leur permettre de conserver une relation amicale. Leurs enfants Steven, l’aîné, et Jack, le second, sont les seuls fils qui les relient encore.

Julia passe quelques jours dans cette maison si agréable. Avec ses parents que l’âge et toutes les dégénérescences qui l’accompagnent commencent à gagner. Steven vient les y retrouver après être passé voir Jack à New York. Steven apporte deux nouvelles : il a décidé de reprendre des études universitaires de droit et il est convaincu que Jack se drogue. Pour lui, son petit frère est accro à l’héroïne.

Malgré un déni profond, Julia doit bientôt se rendre à l’évidence et entrer dans l’enfer que vit toute famille confrontée à ce fléau.
Pas lui ! Ce n’est pas possible ! Mais pourquoi lui ?

Roxana ROBINSON avait certainement là un sujet intéressant bien déjà largement rebattu. À mon sens, elle est passée complètement à côté. Et cinq cent quatre-vingt-trois pages à côté, c’est long.

L’écriture est télécommandée. Les allers-retours entre le passé et le présent s’enchaînent avec une régularité métronomique lassante. Les évènements « à suspense » parsèment le récit sans surprise. Les conversations sont pathétiques. La psychologie des personnages est superficielle. L’intrigue est rectiligne.

Bref, si la quatrième de couverture ne nous apprenait pas que l’auteur est aussi professeur d’écriture, on aurait tout aussi bien pu imaginer qu’elle appliquait effectivement une recette, une méthode. Rien à faire ! N’est pas Balzac qui veut ! Fut-ce avec toutes les leçons du monde. Une succession de mots ne devient pas un livre attrayant s’il n’y a pas une petite étincelle.

Et là, il n’y en a pas ! À aucun moment je n’ai réussi à rentrer dans l’histoire, à y croire un peu ! Certes le sujet n’est pas obligatoirement facile et il aurait été aisé de tomber dans le « mélo ». C’est , à mon sens, le seul écueil qu’elle ait réussi à éviter.

Je suis arrivé au bout, car je n’aime pas abandonner un livre quel qu’il soit même s’il n’a pas tous les attraits que j’en attends, prêt à accepter que la petite lumière va enfin arriver. Mais franchement, non ! Il y a trop de bons bouquins que nous n’aurons jamais le temps de lire pour gâcher du temps de lecture avec quelque chose d’aussi fade.


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