medias

Ketchup, Xavier Gual

Clément Solym - 03.09.2008

Livre - Ketchup - Xavier - Gual


Chronique d’une adolescence perdue dans ce monde étrange et cruel, Ketchup dépeint d’entrée de jeu les vagabondages de Miki et de son entourage. Une description acerbe de la société espagnole, le racisme latent qui se développe de plus en plus face à la précarité rampante, des enfants bientôt adultes perdus dans cette jungle urbaine dont les règles semblent inexistantes... un petit cocktail qui contribue à cette ambiance de fin de civilisation. Quelle alternative proposer à ce futur morne et inévitable qui les attend ?

Miguel Hernandez « Miki » ne s’intéresse pas à grand-chose au quotidien... Orphelin de père, des bruits courent qu’il frappe sa mère. L’école ? Une perte de temps... Une petite amie qu’il traite comme un bon pote, un meilleur ami attiré par les extrêmes nazis ou pornographiques au choix. Le but de son existence réside dans l’acquisition d’une voiture, option tuning et équipement audio dans le coffre à faire exploser les vitres, bien entendu... summum de la réussite et qui impose le respect, ça c’est sûr...

Comment y parvenir quand on est sans le sous, que l’on n’aime pas travailler, que l’on ne connaît rien ou, tout du moins pas grand-chose et que l’on ne supporte pas l’autorité ? Miki a trouvé la parade : il travaillera pour son propre compte. Pour dire les choses clairement, comprendre : dealer.

L’extasie sera son fer de lance et l’acide son blason. Prêt à prendre tous les risques, il a même imaginé tout un plan pour se sortir des pires situations : le ketchup ! (Vous apprendrez d’ailleurs les vertus productives d’une grande consommation de cet ingrédient chez les garçons voulant prouver leur virilité... je ne sais pas si c’est vrai, n’aimant pas le ketchup, mais je veux bien que l’on m’éclaire sur le sujet).

L’intérêt de ce récit réside dans la description précise (et fidèle ?) de la jeunesse madrilène. Le découpage est soigné avec pour chaque phase de l’histoire un même modèle de narration : d’abord, les aventures de Miki et de ses amis, suivi du point de vue des personnages qu’il côtoie (le professeur, le policier, la mère, le dealer, le néo-nazi...) et enfin une courte explication omnisciente de l’auteur qui précise les impressions et motivations de son jeune antihéros.

On aime assez les petites piques « djeuns » échangées sans cesse, les jeux de domination verbale, les menaces proférées jamais vraiment sérieuses finalement.

Aucune règle, aucun cadre et aucune morale ne semblent cerner Miki... prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, jusqu’à prendre des décisions les plus risquées, il se retranche dans ses certitudes persuadé qu’à la fin, ce sera lui qui s’en sortira le mieux...

Les éditions du Diable Vauvert propose encore ici un récit détonnant et passionnant, dans un format toujours aussi agréable. Par contre, il est dommage que la relecture ait été un peu bâclée... les fautes d’orthographes et erreurs d’impression ponctuent le livre à un rythme vraiment très gênant.

Retrouvez Ketchup, sur Place des libraires




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.