L'Archipel français : naissance d’une nation multiple et divisée 

Jean-Luc Favre - 23.12.2019

Livre - archipel français - nation pays France - Jérôme Fourquet


ESSAI – Dans un ouvrage paru cette année, intitulé L’Archipel Français, Jérôme Fourquet prolonge méticuleusement son questionnement déjà amplement décrypté dans A la droite de Dieu, à l’aide cette fois-ci de sondages précis, cartographie minutieuse, graphiques colorés, et prénomination : en 2016, 18 % des naissances portent un prénom arabo-musulman.


 

Le tout s'opère avec en toile de fond l’élection en mai 2017 d’Emmanuel Macron à la tête de l’État, qui d’après l’auteur n’avait rien d’un hasard, mais plutôt la conséquence d’une longue gestation torturée au sein de notre sacro-sainte république laïque.

Un président, jeune, hardi, et ambitieux, maitrisant parfaitement les codes politiques avec pour résultat attendu et prévisible l’éclatement du clivage « gauche-droite » manifestant le ras-le-bol des Français à l’égard d’une classe politique étriquée et détentrice des pouvoirs absolus depuis l’après-guerre. Mais aussi au fait d’une mondialisation croissante des mentalités et des mobilités économiques entrepreunariales.

En clair il fallait s’attendre à une telle explosion ou contamination c’est selon. La nation une et indivisible a finalement volé en éclat laissant la place à un « Archipel d’îles », totalement fragmenté et boosté par l’individualisme du moi narcissique et vulnérable.

L’auteur déclare à ce titre, justifiant cependant une tout autre hantise, avec des étapes successives dûment argumentées, l’émergence en 1983 du vote Front national, suivi en 2005 du « non » majoritaire lors du référendum sur le traité constitutionnel européen et bien évidemment l’explosion significative des banlieues et des revendications citadines qui trouve son apogée dans la crise des « gilets jaunes » tout récemment.

« Le paysage électoral et l’offre politique se sont mis en conformité avec les nouveaux clivages économiques sociaux. » Pour le moment rien de dramatique si l’on considère un schéma linéaire d’évolution d’une société quelle qu’elle soit. Franchir les étapes du temps n’est pas une nouveauté.

Les hommes y sont habitués depuis des siècles même en laissant des cadavres derrière eux, avec une parenthèse béante à la clé, la chute progressive et confirmée du catholicisme régnant et de « l’étoile rouge ». Fini donc apparemment les divisions meurtrières ancestrales et vécues comme telles.  
 

Un corps mal dans sa peau et qui se délite


Il n’en fallait pas moins pour que les Français libérés de tels outrages à leur liberté n’en fassent qu’à leur tête, prônant un nouveau discours et de nouvelles méthodes prétextant ainsi la sécession des élites qui désormais se cachent derrière une peur innée.

Maintenant on se tatoue le corps et on se fait incinérer réhabilitant par la même occasion de vieux instincts tribaux, mais pas toujours bien compris par de jeunes générations qui n’ont rien vécu des guerres passées et n’en ayant du même coup aucune véritable mémoire ou presque. Sans oublier évidemment les soudains changements climatiques qui mettent en péril la planète tout entière.

Et là pour le coup à qui la faute, au sortir d’une industrialisation massive au bout de soixante-dix ans d’une croissance aujourd’hui menacée ou du moins réévaluée au gré des circonstances. Vive la récession planétaire ? Le lecteur me pardonnera ici d’anticiper sur la pensée de l’auteur en mettant bout à bout des enchainements qui me paraissent logiques, comme la surdominance d’internet qui marque un bouleversement total dans la manière d’appréhender le monde, mais là étonnement, l’auteur ne s’y arrête guère.

Il n’empêche que les analyses produites par Jérôme Fourquet dans L’Archipel français interpellent sciemment les consciences en devenir. Finalement où allons-nous ? Et dans quelle mesure les gouvernants actuels peuvent-ils inverser les schémas en cours ? Sinon de prendre le train en marche. Ou bien alors rester sur le carreau. « Gagnant », ou « perdant ». Toute la question est là. 


Jérôme Fourquet, contribution de Sylvain Manternach – L’Archipel Français – Le Seuil – 9782021406023 – 22 €
 


Commentaires
Quelles limites par exemple ? Morales ? Juridiques ?
il est interdit d'interdire mai 1968 quelle innovation? que l'auteur m'invite a son domicile !!!et en famille, des regrets inverseront sa pseudo intelligentsia!!!



où allons nous,la maxime n'est pas récente? ,mais des mais se présentent ici et là, il commence a poindre//////le temps est-il venu d'instaurer des limites.



loupon
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