L'assassinat, Christophe Dufossé

Clément Solym - 12.03.2009

Livre - assassinat - christophe - Dufosse


Pour tout livre, une histoire. Sans histoire, pas de livre. Et sans l'histoire du livre... Celle de L'Assassinat, nous expliqua l'éditrice n'est pas sans rapport avec le film Louise-Michel, la comédie française de Gustave Kervern et Benoît Delépine, sortie en décembre 2008, avec entre autres Yolande Moreau, Albert Dupontel - toujours fourré dans les bons coups - et Benoît Poelvoorde...

Le synopsis est plutôt simple, autant que caustique : une usine de textile ferme du joueur au lendemain, après une délocalisation sauvage : les employées, motivées par Yolande Moreau, décident de recourir à un tueur à gages pour supprimer leur patron, considéré comme un lâche... Toute situation avec des faits existants ou ayant pu exister, blablabla...

Et à compter de maintenant que l'on s'engage dans la chronique du livre, nous tenterons de ne rien laisser paraître de notre orientation politique. C'est chose rare, mais voilà : certaines élections finissent par décevoir au-delà de ce qu'elles avaient laissé espérer. Les promesses non tenues, le peuple de France en aura connu son lot, mais celles formulées par ce petit homme nerveux et assoiffé de pouvoir plus que de raison avaient su charmer.

Je dis ''avais su'', mais très personnellement, bof, bof, hein.

« Vous ne trouvez pas étonnant que personne ne l'ait encore descendu ?
« Si ! »

Tout tient dans cet échange : les motivations, les rancoeurs de cette espérance trahie - fallait pas être trop naïf non plus – etc.
La patrie toute entière crie vengeance de cet affront qu'elle vit, qu'elle subit. Dans le coeur de millions d'hommes et de femmes, une rage bouillonne qui appelle de ses voeux la balle mettant fin à cette mascarade de bling-bling, de folie des grandeurs - sur talonnettes, façon Tom Cruise... Bref, la mort est devenue l'unique échappatoire de cette situation pourrissante.

Un homme va choisir son jour, son heure, son lieu et l'arme pour incarner le bras vengeur de ce pays trompé, abusé, humilié presque. Oui, humiliés ceux qui ont cru et s'en repentent aujourd'hui, plus blessés qu'un animal frappé au flanc durant une chasse. Humiliés plus encore ceux qui ont changé de bord pour mieux y croire, se disant que le changement est à souhaiter d'où qu'il vienne.

Mais nul ne leur avait dit qu'il viendrait d'aussi bas, grouillant comme une éminence grise et servile plus qu'un chien. Alors oui, il sera cet homme. Cet Hercule Pankrator qui frappera le président. De la République. C'est en plein Salon de l'Agriculture – du livre, ça aurait fait tache, tout de même – qu'il lancera cet assaut.

Il escompte bien le mettre à genoux, révéler cet être finalement pusillanime, dissimulé derrière un regard de roquet : mais après tout, quand le chat et attaché, c'est là qu'il crache le plus, sans pouvoir griffer... Alors, il tirera, sur le président, nullement motivé par un complot autre que celui d'un pays demandant, exigeant réparation : ce sera le complot d'un inconscient collectif. Il en sera le bras armé. Il sera Némésis, l'instrument de la justice...

Sinon, le livre est bien ficelé, et pour un peu... on s'y croirait. À découvrir absolument, ça vous collera des frissons...


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