L'assemblée littéraire, une petite bible à garder sous la main

Clément Solym - 14.06.2010

Livre - assemblee - francaise - poetes


L’hémicycle de l’Assemblée nationale est connu pour abriter nombre de noms d’oiseaux, coups bas et connivences lors des débats législatifs.

Par cette splendide compilation, Bruno Fuligni, responsable de la mission éditoriale de l’Assemblée nationale, nous dévoile ses poètes. On apprend ainsi dans la préface que sur les quinze mille députés élus depuis la Révolution, un tiers ont écrit un livre et parmi eux plus de cent cinquante auteurs de poèmes et de chansons.


Hugo, Lamartine, bien sûr, mais aussi Marie-Joseph Chénier, Léopold Sédar Senghor, Robespierre, Edgar Faure mais aussi Louis Dumont, Henri Brisson, Germaine Degrond… et l’on en passe.

« J’ai pris goût à la République / Depuis que j’ai vu temps de rois. / Je m’en fais une, et je m’applique / A lui donner de bonnes lois / On n’y commerce que pour boire / On n’y juge qu’avec gaieté / Ma table est tout son territoire / Sa devise est la liberté […] », écrit ainsi Pierre-Jean de Béranger, élu député de la Seine en 1848 sans même avoir été candidat.

Chaque poème illustre la courte biographie d’un auteur-député, retraçant sa carrière dans un contexte politique précis. Ainsi d’André Lebey, député de Seine et Oise en 1914 qui, inquiet de la montée des totalitarismes à la fin de sa vie, rédigera ces vers « Le Monde se dissout vers l’un et l’autre extrême / sans atteindre au milieu sa stabilité / Il récuse l’humain, ment à sa vérité / Ne connaît plus la Vie et meurt de ce qu’il sème ».

Des députés qui n’hésitent pas à user de la poésie lors de cérémonies officielles. Ainsi de Pierre Brugeilles, recevant dans les années 1880 l’épouse de son préfet : « […] Acceptez en gage / Pour vous rendre hommage / Ce bouquet de fleurs […].

Classiques, bucoliques ou polémiques, lyriques, on trouve de tout dans cette assemblée où le goût du vers fond toutes les tendances dans un grand groupe de poètes.

Nulle trace de Georges Pompidou dans ce recueil, pourtant député du Cantal de 1967 à 1969. Il est vrai que l’ancien président de la République, passionné fou de poésie n’a jamais rendu ses vers publics. Nulle trace non plus de Dominique de Villepin et de son Cri de la Gargouille. Mais c’est vrai : l’ancien Premier ministre n’a jamais été député. Au moins est-il poète ? 

On peut retrouver l'intégralité du texte à cette adresse, cadeau de l'éditeur.

L'Assemblée littéraire est aussi disponible sur Comparonet.com