L'Ecosse de Peter May : invitation au voyage

Cécile Pellerin - 02.12.2013

Livre - Ecosse - Peter May - Iles Hébrides


C'est un privilège d'avoir un(e) libraire attentionné(e), à l'affût des livres qui vous correspondent,   toujours en quête de ceux qui vous toucheront. Quelqu'un qui veille sur vos goûts, sur votre sensibilité et soit capable de dénicher l'ouvrage dont vous n'aviez même pas entendu parler et qui pourtant va vous séduire et vous garantir un  moment de bien être, de détente idéale.  

 

Ainsi, si la fatigue hivernale commence à vous affaiblir, avant toute chose, poussez la porte de votre librairie et prenez le remède bienfaisant et bienveillant qu'il ou qu'elle saura vous tendre.  

 

Ce que Claude m'a prescrit pour passer l'hiver est un livre admirable, une invitation au voyage, inattendue mais splendide. Après avoir dévoré la trilogie écossaise de Peter May, (sur ses conseils) j'ai regretté amèrement qu'il n'y ait pas un quatrième roman à suivre tant l'atmosphère particulière, si étrange, à la fois rude, sauvage, envoûtante et attirante, de l'île de Lewis m'avait profondément émue et séduite.

 

Tous ces personnages, Fin Macleod, Donald ou Marsaili faisaient désormais partie de cette île, de mon imaginaire écossais, avaient pris vie. Je pensais souvent à eux comme des lointaines connaissances et rêvait déjà d'un prochain voyage, peut être même en hiver, sur ces lieux magiques, presque impénétrables, austères et farouches, pourtant terriblement attirants.

 

Partir à leur recherche, approcher leur univers, sentir la tourbe, le froid et le vent glacial sur son visage, l'odeur des moutons dans les prés, du poisson mis à sécher, de la fumée dans l'âtre des brochs, des huttes (shielings) ou des petites maisons sombres de pierre et aux toits de chaume, si caractéristiques des îles Hébrides extérieures ; redouter la mer déchaînée, être dominé par le climat : voilà tout ce que permet ce livre exceptionnel.

 

Il est un cadeau. Un carnet de voyages, très personnel, intime,  si subjectif. Un livre de photographies magnifiques, aux couleurs nuancées mais magiques, à la fois sombres et lumineuses, jamais excessives, toujours naturelles, capables de refléter un paysage grandiose et désolé, âpre et hostile, somptueux et sauvage, préservé, empreint d'émotions, inoubliable et réellement bouleversant.

 

Toutes commentées par l'auteur Peter May et le photographe et ami David Wilson, elles racontent l'île à travers les trois romans, complètent harmonieusement la trilogie, donnent à voir les paysages modelées par la mer, la glace, le vent et la pluie,  aident à mieux comprendre le mode vie insulaire.

 

Après quelques détails sur la géologie particulière des îles Hébrides, (comme la présence des roches magmatiques) sur les prairies côtières, rares en Europe, les lochs, les montagnes, les falaises effritées, les « plus belles plages du monde »,  le nombre important d'églises … Peter May raconte, comment peu à peu, après cinq années de tournage sur l'île, d'une série en langue gaélique « Machair »,  la nécessité d'écrire sur ce lieu s'est imposée à lui. « Ces îles, d'une manière ou d'une autre, vous restent dans la peau et dans le sang […] Il m'apparut comme une évidence que c'était là le lieu où se déroulerait mon prochain livre. Une région reculée à l'extrême nord-ouest de l'Europe, sauvage et battue par les vents, où personne n'avait jamais situé l'action d'un roman policier. Un endroit que je connaissais intimement. »

 

Il relate avec émotion les souvenirs qui le submergent puis la genèse de ses romans. Enfin, dans une dernière partie,  se mêlent également des extraits de chacun des trois romans, en résonance parfaite avec les nombreuses photographies, toutes sublimes.

 

 

Après cela, l'envie de relire « l'île des chasseurs d'oiseaux », « l'homme de Lewis » ou « le braconnier du lac perdu »*s'impose tout naturellement. Mieux encore, pour les lecteurs plus chanceux, lire pour la 1ère fois la trilogie et se laisser porter, simultanément,  par les photographies de cet ouvrage, conduira à l'enchantement. Ensuite, sans doute, viendra alors le  projet du voyage, le rêve d'un départ prochain.

 

A découvrir absolument, à lire puis à relire !  Amateurs de polars ou non, lecteurs ou pas de Peter May, voyageurs,  amoureux de paysages sauvages,  poètes, d'origine celtique… ce livre va vous plaire. 

Une aubaine pour Noël !

 

*La trilogie écossaise est disponible en poche (Babel noir).