L'enfant grec : hommage de Vassilis Alexakis au Jardin du Luxembourg

Xavier S. Thomann - 08.04.2014

Livre - Jardin du Luxembourg - Paris - Sénat


À la suite d'une opération à l'hôpital d'Aix-en-Provence, Vassilis Alexakis pose ses valises dans un petit hôtel de la rue de Fleurus, près du Jardin du Luxembourg. C'est là, dans les allées du célèbre jardin, qu'il retrouve des forces, en naviguant entre ses souvenirs. Une promenade au sens propre comme au figuré est à l'œuvre dans cet Enfant grec

 

« J'aimerais garder un souvenir de ces jours longs et un peu tristes », nous dit l'auteur en guise de préambule. L'enfant grec est un beau roman autobiographique ; c'est aussi une sorte de journal intime aux nombreux dédales. Vassilis Alexakis raconte ses rencontres avec ceux qui peuplent le jardin, qui le font vivre. Comme s'il replaçait son histoire personnelle dans celle du Luxembourg.  

 

Ce jardin le fait songer à celui de son enfance, Callithéa, en Grèce. Dans l'esprit du narrateur, les deux lieux se croisent, se superposent. Mais l'espace parcouru n'est pas seulement géographique, il est littéraire. L'homme convalescent passe en revue les héros de son enfance, les Long John Silver, les Tarzan, les Robinson. Les grands personnages de Dumas sont aussi à l'honneur. Ils sont autant de fantômes qui resurgissent à la faveur d'une promenade. 

 

Tout est dit avec une grande finesse, même si, parfois, le ton se fait plus grave. Quand il s'agit d'évoquer l'écriture, l'un des thèmes structurants du livre. « J'ai beau me répéter inlassablement qu'il faut dire les choses simplement, j'ai quelquefois du mal. Mes idées s'embrouillent, j'essaie d'en attraper une mais elles se présentent toutes en même temps, ce qui les rend confuses» 

 

Quoi qu'il en soit, l'enfant grec manie avec brio l'art si difficile de la digression maîtrisée. Ces digressions sont savantes, érudites ou personnelles. Elles contribuent au charme un peu suranné de l'ouvrage. Bref, ces élégantes rêveries d'un promeneur convalescent méritent que l'on s'y attarde.