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L’énigme du dragon tempête, I.J. Parker

Clément Solym - 23.05.2008

Livre - enigme - dragon - tempete


Parker est une ancienne professeure spécialiste de la culture et de l’histoire du Japon reconvertie en romancière. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a réussi dans les deux domaines. Premier livre d’une série mettant en scène Akitada, un jeune fonctionnaire japonais envoyé en province enquêter sur la disparition des impôts impériaux, l’énigme du dragon tempête nous emmène dans le Japon du XIe siècle.

Rouletabille dans le Japon féodal

Akitada est un jeune fonctionnaire brillant qui s’est illustré par sa sagacité et son aptitude à résoudre des énigmes. Il s’est vu confier pour la première fois une tâche d’importance. En effet, trois convois d’impôt impériaux ont disparu. Accompagné de son vieux serviteur puis au terme d’une rencontre sur le chemin d’un autre serviteur beaucoup moins à cheval sur l’étiquette, le jeune noble se rend dans la province pour mener son enquête.

Reçu dans la demeure du gouverneur, notre héros fera connaissance petit à petit des personnages de la province alors que son nouveau serviteur se mêlera au petit peuple local pour « enquêter » sur l’autre partie de la population.

Akitada sera sans cesse en balance entre les besoins de son enquête et les contraintes que l’étiquette des nobles dicte. Akitada au grand regret de son vieux serviteur reste hors du commun et se frotte sans gêne aux plus riches comme aux plus pauvres. Comme un bon roman ne se construit jamais sans une histoire d’amour, l’auteur nous a gratifiés également d’une tragédie à la japonaise : impossible, passionnée et secrète.

Un cœur de découverte culturelle dans un enrobage d’intrigues policières

Ce roman nous dévoile un Japon tout en raffinement, en subtilité, en contradiction. Nous sommes dans le Japon du XIe, pas de samurais encore. Pas de personnages sans compromis, figés dans un code qui ne permet pas le moindre faux pas, ici les personnages sont forts, mais dévoilent aussi leurs faiblesses, ils cèdent parfois aux pulsions qui nous animent tous . Ils sont humains en somme. Dans cette œuvre on se retrouve très vite immergé dans les mœurs et la culture nippone. Sans qu’il y ait besoin d’un glossaire de 15 pages, l’auteur nous présente les concepts et termes spécifiques dans le récit, à travers les actions de ses personnages.

On y découvre toutes les fanges de la population, qu’elle soit noble, religieuse ou bien de basse extraction, chaque univers est abordé avec ses caractéristiques propres. De l’amour courtois et des allusions cachées chez une dame de bonne famille à la simplicité certes poussée des femmes de moins bonne naissance, des manières de la cour et de l’apparence aux tavernes sordides et aux insultes sans retenue, de la modernité des mœurs aux superstitions les plus saugrenues, il en ressort au final l’essence d’une culture riche et complexe. On se délecte de ce récit empreint de croyances bouddhiques, shintoïstes et confucianistes.

Pourtant, ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’un documentaire ou d’un livre sur la culture du Japon féodal. Non, le tout est serti d’une enquête et de complots très bien ficelés. On se laisse porter par les réflexions de notre héros et de ses compères pour découvrir le coupable. L’enquête est de plus agrémentée d’un peu de meurtres et de combats ce qui ne manque pas de pimenter le récit.

Une écriture simple et agréable

Au final, le livre est écrit de façon simple, il n’y a pas de phrases compliquées. Plusieurs intrigues se mêlent et pourtant on n’est pas perdu. On ne se perd pas dans les noms des protagonistes, car leur position revient régulièrement dans les conversations.

Pour démêler les meurtres et les complots, l’enquête est en réalité très moderne. Elle est basée sur la recherche en particulier de témoignages, d’aveux et de faits, apparence oblige.

Pour les défauts, car aucun livre n’est parfait, j’ai beau me creuser la tête, je n’en vois pas. Si ce n’est que vous ne sortirez pas plus cultivé qu’au départ. Vous ne pourrez pas vous lancer dans la déclaration de haïku à la fin du livre, ni la calligraphie. Tout au plus, vous serez en mesure de déclamer un ou deux idiomes bien sentis de Maître Kong en société. Ce livre reste juste un excellent divertissement, avec tout de même l’originalité de se passer dans une époque du Japon qu’on ne retrouve pas souvent.



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