L'ennemi du bien, de Stéphane Denis

Clément Solym - 10.09.2010

Livre - ennemi - prisonnier - meurtre


Hmm... Le mieux, c'est l'ennemi du bien, disait un type qui avait oublié d'être con. Le véritable. Parce que c'est dans la perfectionnite maladive que l'on parvient à fiche en l'air tout le bel édifice que l'on avait échafaudé. Paul Jarvis, prisonnier à Majorque pour un meurtre qu'il n'avait pas vraiment eu le choix de perpétrer, parvient à s'échapper par la grâce de son ancien agent, du temps où il était scénariste. Et la perte de quasiment toute sa fortune.

Par un voyage en Amérique du Sud, il va subir une série d'opérations visant à changer son identité, définitivement. Et surtout la transplantation d'un ARN qui le changera à jamais. Et devrait lui faire endosser l'esprit d'un savant ayant justement travaillé sur ces enjeux, le docteur Siodmak. Mais l'expérience tourne court : devenu par des jeux de papiers officiels un ressortissant cubain, nommé Raul Harris, il décide subitement de partir pour la Suisse.

Perturbé, mais lucide, il agit machinalement, prend rendez-vous dans une banque, débloque les fonds d'un compte surgi de nulle part – ou presque – et achète une maison, par l'entremise d'un avocat dévoué rencontré sur place. Paul Jarvis et Raul Harris se partagent le même corps, le second devant prendre l'ascendant sur l'autre, alors que subrepticement l'identité du bon docteur Siodmak remonte à la surface.

Un docteur avec un passé trouble, qui a frayé avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Il usurpa l'identité d'un responsable allemand et finit par occuper son poste puis grimpa dans l'administration du IIIe Reich. Avec les crimes que cela implique. Et à la fin de la guerre, s'exila lui-même vers l'Amérique du Sud, en s'inventant une nouvelle personnalité... Des hasards qui à ce niveau ressemblent plus à des coïncidences infernales.

Stéphane Denis n'en est pas à son premier ouvrage. D'ailleurs, celui-ci est la suite de Un parfait salaud, paru chez Grasset l'an passé. Un personnage qui n'en finit pas de revivre, pour périr finalement, complètement perdu et brisé. Une évasion en forme de mieux, qui s'achève par la destruction d'un esprit : n'aurait-il pas été plus simple (bien ?) de rester captif ?

Stéphane Denis, © Bertini
Il faut oublier le côté scientifique de cette transplantation d'âme assez mauvais – quoi que reposant sur une hypothèse de SF qui aurait été tout à fait pertinente. Ce passage n'a d'intérêt que de permettre le reste du roman, plutôt bien ficelé pour sa part. En revanche, le thème de la Seconde Guerre mondiale qui sert encore de vivier à l'imaginaire... bof. Personnellement, j'en ai vraiment ma claque. Surtout qu'à compter du moment où l'on parle d'une transplantation d'âme, ou peu s'en faut, le champ des possibles est tout de même assez large.

Du reste, on passe tout de même un agréable moment. Le personnage sombre progressivement, et de cette mine presque désinvolte des premières pages, on aboutit à un être torturé. Voire passablement ravagé. Ça se lit facilement, vite, c'est correct, que l'on accepte ou non les idées scientifico-farfelues... En tout cas, l'écriture est fluide, simple et efficace.

Ça aurait été bien, en fait, si l'auteur n'avait pas cherché à faire mieux.



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