L'épreuve de vérité, Errol Flynn

Clément Solym - 12.05.2009

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Chacun connaît Errol Flynn l’acteur, mais il en est tout autre concernant ses propres écrits qui se révèlent pour autant tout aussi intéressants. Au travers de ce roman d’aventures exotique, on y découvre un personnage bercé dès sa prime jeunesse d’histoires que Jack London n’aurait pas reniées, d’épopées journalistiques à l’autre bout du monde et d’autres contes et légendes à dormir debout.
 

Sous le vernis superficiel des projecteurs, Errol Flynn cache un être aux mille facettes, un doux rêveur, un être éclairé et ultrasensible. Avec une préface et une traduction particulièrement réussie de Thierry Beauchamp, on apprend que l’acteur australien connaît très bien son sujet et possédait de réelles connaissances et une vraie passion pour son sujet romanesque : les jungles et mers océaniennes. Le lecteur explore au fil des pages les territoires vierges de la Nouvelle-Guinée, ses dangers, mais aussi ses beautés. Un bout de monde, un exotisme charmeur qui ne sont pas sans rappeler les longues descriptions d’un André Gide de Retour du Tchad ou de ses impressions de son Voyage au Congo... une lecture également enrichie d’une édition particulièrement soignée et travaillée.
 

Tout commence au bord d’un bras de fleuve perdu au fin fond de la nouvelle Guinée, un prêtre en mission de conversion des indigènes, comme il en existait encore au début du XXe siècle, vient à l’aide d’un jeune marin, Rasmus, qui échappe de peu à la mort.

Se remettant peu à peu de ses blessures, le jeune homme tombe amoureux d’une des nonnes, pure d’entre les pures, image de la perfection féminine... Face aux dangers de la tentation, ils décident de s’éloigner de la jeune personne pour regagner sa patrie anglaise. De retour à la civilisation, il tente de vendre son navire, mais une équipe de tournage hollywoodienne accompagnée de sa starlette, véritable tentatrice, va lui proposer une affaire qu’il ne pourra refuser. L’occasion de se refaire financièrement avant de quitte définitivement cet enfer équatorial, mais surtout l’optique de retrouver cette jeune nonne...
 

Entre mythes du bon sauvage, indigène sanguinaire et description des peuplades dites primaires sur un ton suffisant, Errol Flynn parvient de se soustraire à des descriptions simplistes et encore racistes de son époque (la première édition date de 1946).

Le texte dénote d’une excellente culture générale de la région, de sa faune et de sa flore ; des terres australes de façon plus générale, des charmes et des attraits de ce que l’on appelait encore communément les « Nouveaux Mondes ». Le lecteur assiste aux premiers émois amoureux, aux premières aventures, à l’apprentissage de la vie au travers des yeux du jeune Rasmus, as de la débrouille, assoiffé de fortune, de gloire et surtout d’émancipation. Sans aucune difficulté et surtout après la lecture de la préface, on comprend qu’Errol Flynn a mis beaucoup de lui-même dans le personnage principal avec ses frasques, son bagout et son attirance pour ce qui sort de l’ordinaire.
 

Le déroulement de l’écriture n’apporte pas vraiment de grande surprise et suit un parcours somme toute classique. On dénote tout de même une certaine musicalité dans les dialogues et dans la description de paysages grandioses, remarquablement retranscrits dans la traduction. Évoquant un peu plus haut la qualité des interactions entre les protagonistes, Errol Flynn se pose en véritable amoureux des femmes et de l’effet qu’elles peuvent produire sur leur auditoire. Tout en restant assez cliché cependant : femme-enfant, femme manipulatrice, emblème de la mère protectrice (...) – la femme tient une place essentielle que l’on pourrait aller jusqu’à résumer les tribulations de Rasmus à une recherche d’un amour absolu derrière la quête épique.


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