L'homme qui descend des montagnes, Abdelhak Serhane

Clément Solym - 12.07.2009

Livre - homme - descend - montagnes


Faut pas croire qu'autobiographique signifie immédiatement qu'on va être copain avec l'auteur : au contraire, quand un quidam se lance à vous raconter sa vie, y'a de fortes chances pour que, si vous ne lui aviez rien demandé, elle vous gonfle très vite. Bon, en même temps, quand on achète un livre, c'est tout le contraire d'un pot de Nutella : le plaisir n'est pas toujours au rendez-vous.

En l'occurrence, le récit d'Abdelhak Serhane, universitaire marocain qui vit aujourd'hui au Canada mérite que l'on s'y attarde. Du moins, il entre dans cette catégorie de témoignage dont on peut certes se dispenser, sans risquer un impair diplomatique, mais qui, à la lecture, nous rappelle combien nos lacunes historiques et humaines peuvent se montrer crasses.

Racontant sa vie, au début des années 50, au sein d'un village pauvrissime - c'est rien de le dire - situé dans le Hatu-Atlas, Abdlelak ne verse ni dans le pathos, ni dans la commisération. La plume est alerte, le style semble empreint d'un désir de raconter au mieux. Et pourtant, les raisons de se plaindre et de tenter d'attirer la compassion ne manqueraient pas.

Car derrière ce récit d'un Maroc d'enfance, se tapit la critique virulente d'une société, et par extension, des refus que l'auteur a toujours opposés à son organisation, autant qu'à ses travers. Religion, corruption, haines, tout défile précisément pour nous emporter vers une vision rare, bien loin des clubs Med ou des repères à touristes. Encore que...

Écrivain engagé, si cela a gardé un sens pour certains, Abdelak nous dévoile un pays inattendu, celui qui lui a valu de s'exiler en 2000. Une autobiographie riche, pour qui vivait encore dans le monde de Candy...


 


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