L'homme qui marchait avec une balle dans la tête, Philippe Pollet-Villard

Clément Solym - 22.02.2008

Livre - homme - marchait - balle


Le grand banditisme fascine les mecs. Surtout dans leur prime enfance. On joue aux policiers et aux voleurs, et bien que je constate qu’aujourd’hui, les gamins sont plus attirés par le rôle de voleurs que par celui de policiers, cela ne fait que confirmer mon propos.
Jean-Pierre, lui, c’est un adulte qui a concrétisé ce rêve. Son métier, c’est de voler. Des banques, principalement. Comme tout le monde, il embauche à 9h. La différence, c’est qu’à 9h10, il a tout intérêt à avoir fini de travailler. Et avec Bruno et gros Marc, ils montent des coups qui leur rapportent. Et plutôt pas mal.

Je ne vois pas grand-chose de plus à ajouter. Parce que dans ce récit, Jean-Pierre nous raconte sa vie, celle de sa famille, d’origine italienne. Le ton employé donne une nonchalance à l’ensemble qui s’accentue avec le « je » qui récite cette existence.

On est loin des gangsters qui font parler la poudre ou du strass et des paillettes qui enrobent la vie des criminels. En fait, on traverse le roman avec une indolence certaine, qui manque de vigueur. Oh, il y a bien quelques instants où l’on sourit, mais dans l’ensemble on s’ennuie.

Si. Assez fermement, même.

On alterne finalement entre prison et banditisme, puis vers la repentance, en passant part le moment Bonny and Clyde qui manque totalement d’originalité. Tout se passe comme un filet d’eau qui coule le long d’une vitre. Pas d’enthousiasme, pas de sursauts, pas d’étonnement.

Et que l’on ne me raconte pas que c’est très flaubertien, comme ouvrage. Nan. C’est juste un roman moyen. Soutenu par un héros transparent. Et s’il marche avec une balle dans la tête, c’est au sens littéral.

Voilà. C’est un roman littéral. Pour dire, j’ai manqué de m’endormir deux ou trois fois.