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L'Italie à la paresseuse, Henri Calet

Clément Solym - 22.05.2009

Livre - Italie - paresseuse - Henri


Si la littérature s’enorgueillit de multiples récits de voyages, contant les pérégrinations fantasques d’aventuriers des Lettres ou de gentilshommes de fortune, nul doute qu’Henri Calet a ouvert la voie à une nouvelle forme : le voyage raté.

Traverser les Alpes pour découvrir les richesses antiques de Rome… Découvrir les canaux de Venise et son Doge… S’extasier devant la magnificence des palais de Florence… Dévorer à Naples les meilleures pizzas du monde, entre deux fusillades de la Camorra… Baigner dans les tendances futures de la mode à Milan… Ça fait rêver non ? Ajoutez des lacs flamboyants qui abritent des palais aristocratiques, à l’histoire chargée de senteurs d’olives. Non, dites, ça ne vous donne pas envie ?

Bien sûr. Il faudrait être sous-doué végétatif, ou pire, membre de l’amicale des acculturés primaires, pour ne pas être saisi d’envie à la simple évocation de ces lieux magiques. Et c’est bien avec l’intention de les découvrir qu’Henri part pour quelques conférences - dont le motif importe finalement peu - et dîners qui lui feront parcourir les monts et vaux italiens.

A la différence qu’il n’en verra que les trains, les courses de chien et les chambres d’hôtel où le mot confort est une notion relative. Parce que l’ami qui l’a entraîné vers ce voyage le fait courir de ville en ville avec des arrêts fugitifs où l’on n’a le temps de que de deviner les paysages, envisager les monuments, et encore, quand ce n’est pas de nuit que l’on croit les discerner… En bref, un voyage magnifiquement raté.

Si d’ordinaire les échecs à répétition dans la parade amoureuse, qui constituent l’essentiel de l’Éducation sentimentale vous avez amusé, L’Italie à la paresseuse est une autre paire de manches dans le domaine. Notre narrateur se fait balader d’un point à un autre sans se plaindre ni ronchonner et de l’Italie se contentera de ses lectures passées qui lui font soupçonner qu’ici il se pourrait qu’il ait vu une ruine, ou que là, peut-être, il a entr’aperçu un bout de palais.

C’est à contre-pied complètement que le livre nous embarque pour une sorte d’Odyssée rock’n roll, dans laquelle on est baladés sans vergogne de droite et de gauche. Autant dire que le guide de voyage dans lequel il n’avait pas investi ne lui aurait servi à rien. « Ce qui rend les voyages à peu près inutiles, c’est que l’on se déplace toujours avec soi, avec les mêmes pensées, le même passé, les mêmes ennuis, le même tour d’esprit, les mêmes appréciations sur les choses et les gens. Où que l’on se trouve, on n’est jamais seul. »

Rien à ajouter, votre honneur : pour ma défense, je n’ai jamais autant mis les pieds en Italie qu’avec ce voyage burlesque et drôle. Avis aux amateurs de guides touristiques, ouvrage de référence en vue…


 

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