L'ours, l'autre paradoxe de l'homme

Mimiche - 21.11.2018

Livre - ours animaux sauvages - paradoxe humanité mythologie - planete ecologie engagement


ESSAI - L’ours (comme le loup avec lequel il partage aujourd’hui une image maudite) a pourtant vécu pendant des millénaires, en voisin parfois ombrageux mais pour autant respecté sinon vénéré, sur les mêmes territoires qu’homo sapiens.

 



 

Ce dernier, dans un élan et avec une persévérance imbéciles, s’est acharné, pendant les derniers temps de cette période et surtout au cours des derniers (sinon simplement du dernier) siècles à l’exterminer de manière systématique, en cela conforté par des anathèmes qui ont transformé l’ancien voisin (le « Vieil Homme » comme nombre de civilisations l’ont souvent désigné) en ennemi car susceptible d’affaiblir l’hégémonie religieuse dont l’expansion a tout fait (comme pour toutes les autres croyances plus anciennes) pour substituer ses nouveaux rites aux anciens.

 

Et ce ne sont pas les « nounours » en peluche qui ont fait la fortune de certains « marchands du temple » qui ont changé quoi que ce soit dans cette attitude dévastatrice.

 

Ce nouvel opus de la remarquable collection « Mondes Sauvages » d’Actes Sud donne la parole à un observateur de la nature et, au sein de celle-ci, plus particulièrement des Ours (les blancs, les bruns, les noirs, les à lunettes, les à collier, les grizzlis, etc., …) pour nous présenter celui qui berce l’endormissement des enfants alors qu’il est pourchassé sans relâche par les adultes.

 

Une surprise d’abord ! Le plaidoyer inattendu (pour moi) mais plein de vraie empathie de Lambert Wilson. Non pas que je m’arrogerais sans aucune raison valable le droit de juger de l’authenticité des combats de cet acteur dont j’apprécie par ailleurs tout le talent. Non, certainement pas ! An contraire ! C’est un plaisir intense de le voir apporter le poids de son image forte et importante à ce témoignage de Rémy MARION que j’allais qualifier d’alarmant si ce terme, trop utilisé pour qualifier notre rapport à notre Environnement, ne perdait progressivement de son sens pour être, tellement souvent, devenu nécessaire pour rendre compte de ce que nous sommes en train de faire à notre monde.

 

Rémy Marion a suivi l’Ours partout dans le monde. D’aussi près que possible. Parfois d’un peu trop près d’ailleurs. Et l’observé le lui a bien fait comprendre ! Sans frais (heureusement pour lui). Ce qui n’a malheureusement pas été le cas pour d’autres observateurs qui ont été ses modèles et étaient des connaisseurs avertis et expérimentés.

 

Car, et il le répète par deux fois dans son livre pour que tout un chacun puisse s’en imprégner, à propos de cet « autre de l’homme » qu’il admire, « si tu sais ce que va faire l’ours, tu en sais plus que lui » ! Il n’a rien d’une peluche…

 

Aujourd’hui, l’Ours, comme d’autres grands mammifères, est devenu un objet politique et donc électoral qui excite les « pour » et les « contre » sans, semble-t-il, qu’il soit possible de trouver un terrain d’entente, un modus vivendi, une convergence. La caricaturale administration Trump qui, y a d’évidence vu son intérêt électoral bien compris, et ré-ouvre, aux abords du Parc du Yellowstone, la chasse à l’Ours.

 

Qui devient un objet commercial pour ceux qui font payer les droits de chasse, ceux qui fabriquent et vendent des armes et des munitions, voire des équipements y compris pour les enfants en bas âge !

 

Alors que, parallèlement, des scientifiques tentent de percer le mystère biologique de l’hibernation des Ours qui, après six mois de sieste avec le cœur ralenti à moins de dix pour cent de son rythme « normal », se réveillent par un beau matin de printemps sans aucun des désagréments qu’un homme ressentirait dans les mêmes conditions : pas de perte musculaire, par de problèmes articulaires, rénaux ou cardiovasculaires, pas d’obésité malgré la boulimie préalable à l’hibernation, etc., etc.,… !!!

 

L’extrême adaptation de l’Ours à son milieu apparaît telle que certains s’interrogent même sur la possibilité de trouver, à son étude, des réponses à la conception des voyages spatiaux de longue durée ou aux nouvelles contraintes que le réchauffement climatique est susceptible de nous faire endurer, à nous les hommes.

 

Nous qui représentons une menace pour la biodiversité.

 

Edward Abbey a affirmé que « la croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse ».

 

Ne devrions nous pas converger vers des attitudes enfin plus raisonnables ? Si, comme Rémy Marion en fait la citation extraite de l’Almanach d’un Conté des Sables d’Aldo Leopold, « chaque génération à son tour » se demande, demain, « où est donc passé le grand ours blanc ? Ce sera dommage de devoir répondre qu’il a succombé pendant que les protecteurs de la nature avaient le dos tourné ».

 

Alors, allez-y ! Lisez ce livre ! Parce que nous n’avons pas le droit de l’ignorer ! Parce que le monde, nous l’avons en partage. Parce que le partage concerne toutes les formes de vie, sans distinction aucune, y compris la nôtre car elle dépend aussi des autres. Parce que « tourner le dos » c’est la meilleur façon de voir arriver le pire. Et parce que la propre et plus grande menace de l’Humanité est certainement elle même.

L'ours, l'autre de l'homme - Collection Mondes sauvages, Co-ed. Arte / Actes Sud - 9782330111083 - 20 €




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