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L'ourson de Fred : au coeur de la shoah, un enfant et sa peluche

Florent D. - 06.09.2017

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C’est l’histoire de la transmission de la mémoire, et de cette lutte constante pour que jamais l’on n’oublie. Car l’oubli resterait le premier pas vers la certitude que l’Histoire peut se reproduire. Fred Lessing était un petit garçon, quand il quitta la Hollande pour les États-Unis. La Seconde Guerre mondiale venait de finir. Et avec elle, un lot d’atrocités.


 

 

On peut être agacé de ce qu’impose le devoir de mémoire – voire de l’entendre brandi à tout instant. Et cela peut même être dit, sans qu’il soit nécessaire de brandir des accusations idiotes. Car le devoir de mémoire n’implique pas, justement pour toucher et inciter à se remémorer, qu’on le fasse entrer, de force, avec un martèlement constant. En fait, c’est dans ces conditions qu’il ne sert à rien...

 

Fred était donc un petit garçon, et, durant toute la guerre, il avait avec lui un ourson – sans nom, d’ailleurs. Évidemment, Fred est juif, et, à cette période, l’enfance est sacrifiée, piétinée par le bruit des bottes. Et tout le récit est mené par l’ourson, qui raconte combien il fut choyé par Fred, comment tous deux se tinrent compagnie, même dans les plus douloureux moments. 

 

Ce livre est né de la volonté de perpétuer un souvenir, celui d’un garçon et de son doudou, mais également de pouvoir parler de l’enfance, durant cette période. L’ourson est bien réel d’ailleurs, on peut le retrouver dans le musée de Yad Vashem, à Jérusalem, à qui Fred l’a confié, voilà quelques années. C’est qu’il n’y avait avant pas de jeu d’enfants...

 

Et puis Iris Argaman a découvert cet ourson, Fred et leur relation. Michel Kichka en dit que « L’Ourson de Fred est un objet complet où le texte et le dessin sont indissociables. Il appartient à cette catégorie, la plus élevée de la littérature enfantine, où les mots et les images transforment le drame vécu en une création d’une grande sensibilité et d’une grande beauté ».

 

C’est avant tout un récit magnifique, pour parler des drames, de la solitude, des familles brisées par la guerre et le nazisme, la déportation. C’est avant tout une histoire universelle, celle d’un enfant et de son ami imaginaire – pas tant que cela, en rélité – à ses côtés pour surmonter les pires moments. C’est une belle histoire. Avant tout.
 

La bande dessinée, de l'enfance de l'art à l'éternelle jeunesse...


Notons que le 17 septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, L’ourson de Fred sera en lecture théâtrale au Théâtre des Mathurins, à 11 h et qu’une rencontre aura lieu au mémorial de la Shoah, à 14 h 30 le même jour. (plus de renseignements)
 

 


 

Iris Argaman, Avi Ofer, trad. Livia Parnes & Pierre-Emmanuel Dauzat – L’ourson de Fred – Editions Chandeigne – 9782367321516 – 14 €

 

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