La 8e confession, de James Patterson et Maxine Paetro

Clément Solym - 17.09.2011

Livre - gotha - couple - meurtre


San Francisco. Market Street. Tôt un matin de mai. A un feu de croisement, un bus tarde à démarrer puis explose en une énorme gerbe de feu qui se propage aux véhicules qui s’étaient arrêtés derrière lui.

En patrouille à proximité, Landsay Boxer et son collègue arrivent rapidement sur les lieux. Quelques constats plus tard les amènent à conclure non pas à l’explosion d’une bombe dans un bus transportant des enfants, mais à l’explosion d’un bus transformé en laboratoire clandestin de préparation de méthamphétamine.

Un peu plus loin, à proximité de Caltrain Station, Cindy Thomas, journaliste au Chronicle, sur le chemin de son domicile à son travail, est attiré par un attroupement de SDF. Immédiatement titillée au plus profond de sa fibre journalistique, Cindy fend la foule pour se retrouver nez à nez avec un cadavre sanguinolent et méconnaissable.

Un rapide tour des présents amassés autour du corps lui permet de conclure à l’assassinat d’un autre SDF surnommé Bagman Jesus, bien connu des habitués du quartier qui le décrivent comme une espèce de messie local ayant voué sa vie, au fond de sa dérive, à aider plus mal en point que lui.

Mais un assassinat de SDF n’est pas de nature à émouvoir la police de San Francisco. Aussi, Cindy décide-t-elle de forcer un peu la main à son amie Lindsay Boxer en donnant une audience toute particulière à cette mort brutale.


Quelques jours plus tard, Jacobi, le patron de Lindsay Boxer, confie à cette dernière l’enquête sur la mort inexpliquée d’un couple du gratin de San Francisco. Le Maire, qui est aussi le cousin de l’un des deux cadavres, a expressément demandé que l’affaire lui soit confiée à elle. Un truc désagréable à cause de la pression médiatico-politique qui ne manquera pas de se développer autour de ce dossier. À mille lieux de Bagman Jesus.

J’imagine que tous les fanas de polars connaissent le Women Murder Club et James PATERSON, son auteur à succès.

Avant cette 8e Confession, ce n’était pas mon cas.

De même que les fanas auront immédiatement compris que la référence au 8e n’a rien à voir avec une quelconque partie de l’histoire, mais correspond simplement au 8e épisode de la série. Après avoir commencé à écrire seul, JamesPATERSON, depuis Terreur au 3e Degré, travaille à quatre mains avec Maxine PAETRO.

Et on peut comprendre, à la lecture de ce huitième épisode, le succès rencontré, internationalement semble-t-il, par ces bouquins : c’est du lourd, avec toutes les recettes du genre. De la drogue. Des cadavres. Des filles superbement roulées à la manœuvre. Des saints qui n’en sont pas. Des riches méprisants et méprisables qui méritent de mourir. Un peu de je t’aime, moi non plus. Bref, rien n’y manque.

Et ils ont tellement de capacités d’imagination (à quatre mains, ça aide) qu’ils arrivent à vous vendre deux histoires dans un seul polar, car finalement tout n’est pas aussi imbriqué qu’on pourrait le croire.


Ceci étant, je ne dois pas être un excellent client pour le genre. C’est vrai que c’est bien fait. Mais c’est vrai aussi que ce n’est pas si bien écrit que cela (peut être est ce moi qui en demande trop ?) : il y a l’essentiel et rien de plus. Même si on a le nombre de pages qu’il faut au regard du prix du bouquin, si le traducteur n’y pouvait certainement pas grand-chose et si, du strict point de vue du scénario, il n’y a pas grand-chose à redire.

Bref, vous l’avez compris, ce n’est pas avec cela que j’encombre ma table de chevet.

Rien ne vous empêche, cependant, d’y trouver votre compte.


Traduit de l´anglais par Nicolas Thiberville