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La Chaussure sur le toit, Vincent Delecroix

Clément Solym - 06.05.2008

Livre - chaussure - toit - Delecroix


Trois heures du matin. Un appel de sa petite fille, depuis quelque temps tourmentée par des cauchemars nocturnes, a réveillé le papa qui, prenant son courage d’une main et sa résignation de l’autre, laisse finalement la maman plongée dans ses rêves et se lève pour aller consoler son enfant.

Mais plus qu’un cauchemar, c’est d’un secret que la petite fille veut faire part à son papa. Un secret magnifique. Un secret d’enfant. Un secret dont elle a été la spectatrice, par la fenêtre de sa chambre.

Sur le toit de l’immeuble d’en face, elle a aperçu un ange. Mais un ange très particulier. D’abord, il n’avait pas d’ailes, ce qui est étrange pour un ange. Ensuite, il paraissait très triste avec ses chaussures, son pantalon et sa chemise. Même qu’il n’avait pas de cravate, ce qui aurait été un comble pour un ange. Et puis, mais pourquoi donc, avant de partir, de disparaître dans la nuit, il a oublié, sur le toit, une chaussure. Et ce n’est pas parce que, neuves, elles lui faisaient mal aux pieds (elles étaient vieilles, je l’ai bien vu !). Non ! Sinon, il n’en aurait pas oublié une seule !

L’angoisse verbalisée, la petite fille s’est endormie.


Comme dans un concert où, sur le thème proposé par le Maître, l’instrumentiste va faire éclater les mille variations de son talent pour exprimer toutes ses perceptions de la phrase musicale qui lui a été soumise, Vincent DELECROIX se lance alors dans mille variations sur le thème : « Comment cette chaussure a-t-elle pu arriver sur le toit ? ».

Toutes les facettes de cette question qu’il explore pour y apporter une réponse (chaque fois invraisemblable et chaque fois plausible) ne sont que des moyens détournés pour décrire le microcosme d’un immeuble où, sans vraiment se connaître, tous les habitants se côtoient, se croisent, se rencontrent, interfèrent dans un tableau où le surréalisme transpire à chaque page. Rien n’est totalement étonnant dans cet enchevêtrement de vies disparates. Pourtant, il m’a donné l’impression d’apercevoir, régulièrement, au détour des histoires, quelque haricot blanc improbable comme sur une toile de Dali.

Chaque tentative d’explication est une histoire dans l’histoire de l’histoire du livre où le livre est l’histoire du livre de l‘histoire : son aboutissement, son éventualité, son évidence !

Épisode riant d’une histoire d’amour si noire et si triste ! Épisode rocambolesque entre loubards aux noms de héros grecs ! Épisode difficile de la relation entre un chien et son maître ! Épisode stressant au milieu de la solitude d’une vieille dame ! Toutes ces fables sur le toit, qui sont terriblement humaines, absurdes, vraisemblables et fictives en même temps, se rejoignent dans l’impossibilité de cette chaussure coincée sur ce toit, dans cette gouttière.

Un épilogue ? Je vous le laisse découvrir. Il est à la dimension de tout ce qui a précédé.

Ce qui me paraît certain, c’est que ce livre qui fait partie des dix sélectionnés pour concourir au titre de Livre Inter, mérite le détour, cette sélection et plus si affinité.



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