La Cigarette et le Néant : pensées sur la littérature et le monde

Xavier S. Thomann - 13.03.2014

Livre - Suède - Nobel - Cigarette


La Cigarette et le Néant c'est le thème de l'une des pensées d'Horace Engdahl. C'est aussi le titre du recueil, qui vient de paraître chez Serge Safran. Horace Engdahl, dont c'est le premier ouvrage traduit en français, est un écrivain, critique et traducteur suédois, membre de l'Académie suédoise. C'est lui qui, en sa qualité de secrétaire perpétuel, annonçait, jusqu'en 2009, le lauréat du Prix Nobel. 

 

Ce petit livre est ainsi l'occasion de mieux connaître ce brillant critique littéraire (c'est dit sans ironie). Les remarques qui composent la Cigarette et le néant sont volontiers personnelles, subjectives. Des souvenirs et des rêves parsèment le livre, comme pour le structurer, et forment un contrepoint aux considérations plus théoriques et méditatives.

 

Donc, comme c'est souvent le cas dans ce type de recueil de fragments, l'auteur nous parle un peu de tout. De littérature, de politique, des choses de la vie. C'est une sorte de café du commerce un peu intello, mais souvent lucide, ce qui est déjà beaucoup. « Tout aphorisme, nous dit Engdahl, trébuche fatalement sur cette faille incontournable : il trahit l'admiration de l'auteur pour son art de la formule» 

 

Des formules bien senties, il y en a un certain nombre. Par exemple : « Le point de départ de l'écrivain doit être celui du tenancier de bar : ne pas chercher à améliorer le genre humain» Ou bien : « Condamner le luxe est facile ; renoncer au luxe est impossible ». Il y aussi des pensées plus profondes, plus développées. 

 

En lecteur attentif des moralistes français, Engdahl maîtrise bien son art. Il n'hésite pas d'ailleurs à se placer implicitement dans leur sillage, de Chamfort à Cioran. 

 

 

 

 

Hélas pas de révélations sur les arcanes du prestigieux prix littéraire… En revanche, une ou deux indications sur l'écriture. « Comment faut-il écrire ? Peut-être, comme le disait un auditeur à la radio : “En y mettant de l'élan, mais sans que ça devienne barbant ”. On retiendra avant tout l'adage suivant : « Celui qui doute du caractère divin de son style ou de sa bite n'a aucune chance face aux enragés imbus d'eux-mêmes ». Vous voilà prévenus.