La Dame de Pique : immortel Pouchkine

Mimiche - 20.07.2020

Livre - Vladimir POuchkine Mérimée - Dame Pique Pouchkine - traduction littérature russe


Parmi le cercle des officiers, Hermann est certainement le seul à n’avoir jamais pris un pari ou seulement joué de l’argent aux cartes, contrairement à tous ses congénères qui ne manquent jamais de perdre une partie de leur solde autour d’une table de jeu.



 
Et les fortunes diverses que ceux-ci subissent régulièrement ne les refroidissent pourtant jamais, eux qui, à l’occasion, prêtent une oreille intéressée à ces mythes selon lesquels « on » pourrait avoir connu quelqu’un qui connaissait une méthode infaillible ou encore quelqu’autre qui aurait fait un pacte (diabolique ?) aux conséquences favorables, comme cette fameuse « Dame de Pique » qui aurait miraculeusement regagné toute sa fortune perdue au jeu.

Or, qui, à un moment ou à un autre, quand aucune autre issue ne semblait exister, quand les enjeux pouvaient donner l’impression de justifier une toute petite renonciation à ses convictions, une infime entorse à ses certitudes, comme Hermann, n’a pas été tenté de se laisser ajouter foi à l’incroyable ?

Tout a déjà été dit sur Alexandre Pouchkine à quoi mes modestes appréciations ne sauraient ajouter quoi que ce soit de consistant.

Tout a également été dit sur Prosper Mérimée qui est l’auteur de la traduction proposée par Librio.

Je ne me risquerai donc pas à tenter d’apporter là quelque chose de plus.

Simplement me contenterai-je donc de vous enjoindre de ne pas vous priver, si, comme moi, vous n’aviez jamais eu la curiosité ou l’occasion de lire Pouchkine (et si vous l’avez déjà lu, n’hésitez pas : relisez-le !), d’une lecture aussi agréable, vivante, enlevée, précise, concise, admirablement mise en scène en une simple trentaine de pages, une économie de mots et une absence de fioritures.

Difficile de dire, ne pratiquant pas le russe, si Mérimée a interprété Pouchkine en faisant du « Mérimchkine », mais force est de constater que le résultat est d’une qualité absolue et livre un plaisir certes un peu désuet, mais néanmoins délicieux.

Il en est de même de la deuxième nouvelle à laquelle Librio vous donnera accès (pour seulement 2 €, comment s’en passer ?) : Doubrovsky traduit par J. M. Chopin (Jean Marie et non pas J.N. Chopin comme le prétend la mention erronée de la page interne de titre !).

Une grande histoire d’amour, d’amitié bafouée, de famille, de bandits au grand cœur digne d’être accompagné par les violons déchirants de l’âme slave !!!

Là encore, peu de mots, peu de pages, mais quelle efficacité.

Bref, il n’est pas inutile de lire (ou relire, certainement pour beaucoup) les « classiques ». Il faut quand même avouer qu’ils n’ont pas démérité de ce qualificatif : leur plume est d’une qualité dont le goût des lecteurs semble pourtant s’éloigner parfois aujourd’hui.

Ils sont aussi les peintres d’une époque révolue dont il ne sied pas d’avoir une quelconque nostalgie, mais, au contraire, de la regarder avec la lucidité de qui ne veut pas en voir réapparaître les travers sous un avatar moderne. Et d’en apprécier les tableaux que nous livrent ces auteurs magnifiques.


Alexandre Pouchkine trad. Prosper Mérimée et J-N Chopin – La dame de pique suivi de Doubrovsky – Librio – 9782290339558 – 2 €


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