La dernière utopie, menace sur l'universalisme de Caroline Fourest

Clément Solym - 18.02.2010

Livre - derniere - utopie - menace


« Une utopie se meurt. Celle des droits universels ». Alors que tout citoyen du monde devrait être considéré comme libre et égal en droit, l’universalisme aujourd'hui est davantage considéré qu’au niveau de la mondialisation. Avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, la réactivité est telle qu’il s’agit de proposer des analyses en réaction à des faits, donc peu réfléchies.

C’est quelque part la foire aux faits divers qui conduit à la négation de ce principe de base. On assiste désormais au retour du nationalisme, du multi-culturalisme, malheureusement pas au sens qui implique un enrichissement entre les êtres et leurs traditions. C'est au contraire une justification de certaines pratiques (excision, port de la burqa ou du chador, …) au nom du différentialisme culturel. De l'exclusion de l'autre.

Ce sont justement ces comportements, ces déclarations sous couvert d’appartenances culturelles ou cultuelles qui vont opposer les confessions voire même les civilisations dans nos sociétés pourtant régulées sur ces différents points. Ce mélange des genres fait que l’on ne sait plus démêler ce qui relève du multiculturalisme ou de l’universalisme. De fait, tout peut être désormais être accepté au nom de la sacro-sainte tolérance – les particularismes prennent semble-t-il le dessus sur les libertés collectives.

L’histoire de l’universalisme commence bien évidemment dans nos sociétés contemporaines avec la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948 issues d’une volonté conjointe des Nations Unies. Cette déclaration, contrairement à ce qui est bien souvent affirmé, n’est pas seulement une simple volonté occidentale, mais un reel syncrétisme de diverses influences culturelles et pratiques des cinq continents. L’évènement tient même du miracle quand on y réfléchit bien au vu du contexte de l’époque. Que reste-t-il de ses ambitions aujourd'hui ?

À une époque où le Conseil de sécurité représente encore et toujours un ordre du monde aujourd’hui disparu… ou les États membres ne s’impliquent pas pour certains à respecter les chartes de protection auxquelles pourtant ils avaient adhéré.

Chaque interlocuteur de l’ordre mondial utilise et se prévaut des droits fondamentaux dans le cadre d’intérêts dits « fondamentaux ». Certains vont justifier leur violation dans certains cas au nom d’une inadéquation avec les pratiques ancestrales liées à une culture, à un culte ou/et des superstitions bien ancrées. D’autres encore vont s’y opposer au nom de la souveraineté nationale, mais vont par ailleurs s’y référer pour imposer des moeurs discutables. Ne croyons pas pour autant que les pays occidentaux qui s’érigent en exemple soient en reste. Ils discréditent totalement leurs engagements à partir du moment où leurs « intérêts vitaux » entrent en jeu. Un beau prétexte pour justifier toute ingérence dans les affaires des autres membres de la communauté internationale ou utiliser des moyens illégaux (la torture, l’emprisonnement abusif, …) au nom de la protection des libertés…

Vaste sujet donc, Caroline Fourest propose une analyse fine de ce vaste sujet proposant divers modèle d’études en France et dans les pays anglo-saxons… L’analyse reste tout de même cantonnée au monde occidental, mais il y a déjà beaucoup d’éléments à y apporter. Regrettons ce sentimentalisme régulier qui gâche parfois la démonstration. Il est difficile certes d’y échapper lorsque le sujet touche tout un chacun.

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