La femme lion, d'Erik Fosnes Hansen

Clément Solym - 18.05.2011

Livre - cirque - numero - femme


Cette histoire aurait pu démarrer par « Il était une fois » tant elle ressemble à un conte, un conte fantastique scandinave, empreint de mystère et de tristesse, très beau. Par une nuit d’hiver glaciale mais lumineuse, parsemée d’aurores boréales,  « des lumières fusaient dans le ciel comme des tressaillements un peu douloureux » une femme chute dans la rue et déclenche alors, dans la douleur, son accouchement prématuré.

Elle succombe dans d’extrêmes souffrances et donne naissance à une petite fille, Eva, atteinte d’un syndrome très rare : l’hypertrichosis lanuginosa congenita. Elle est recouverte de poils, tel un félin. L’histoire se passe dans un village à peine nommé, sans doute imaginaire, là-haut quelque part en septentrion, au début XXe, à une date non précisée.

Le père, secoué par la mort de sa femme, reste d’abord indifférent à cet enfant si étrange, « il jeta un bref coup d’œil à l’enfant » s’en inquiète peu puis, au fil du temps, par touches secrètes, parfois maladroites, mais sincères, se conduit comme un père aimant (mais sans effusion), attentif et protecteur. « Il lui passe doucement la main sur la tête. Il ne l’embrasse pas, il ne le fait quasiment jamais ».

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C’est un portrait de femme avant tout. Un récit d’initiation d’une jeune fille douce et sensuelle, fragilisée par le désir et le plaisir, en quête de normalité tout simplement. Et qui doit se contraindre, se restreindre sans cesse dans ses sentiments comme si sa différence lui interdisait d’être simplement humaine. Le regard des autres, notamment les enfants de l’école est quelquefois douloureux, «  Ma propre compagnie était de loin préférable à celle des autres enfants », mais l’auteur ne sombre jamais dans l’excès, ne juge ni ne condamne.

Il est le témoin d’une identité qui s’affirme, se construit, s’épanouit au-delà même de la souffrance, du doute et de la peur. Un superbe portrait de femme, presque allégorique dans la scène finale, incongrue et brusque (peut-être la plus violente du roman), tellement indigne, annonciateur peut être d’événements encore plus noirs dans une société où la nature humaine a perdu sa conscience et a sombré dans une folie monstrueuse.

Traduit par Alain Gnaedig du norvegien



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