La fille aux doigts d'or : une femme fatale succède à une mère ?

Cécile Pellerin - 03.07.2013

Livre - adolescence - relation pére-fils - recnontre amoureuse


Ce cout roman à destination de jeunes adolescents met en scène Léo, lycéen et son père,  Pierre, journaliste sportif et veuf. Ils forment un duo plutôt uni, très complice depuis la disparition  de la mère-épouse. Le cinéma est leur grande passion et les soirées DVD-pizza agrémentent leur quotidien. Pas de tension apparente entre les deux hommes mais une grande confiance mutuelle et beaucoup de respect.

 

Jusqu'au jour où le père s'absente un soir en précisant qu'il a un travail à terminer avec son collègue et qu'Hervé, le collègue appelle au domicile, surpris de ne pas y trouver Pierre. Ce mensonge est vécu par Léo comme une douloureuse trahison et l'amène à enquêter sur les sorties de son père de plus en plus régulières le soir.

 

En fait, Pierre a rencontré Marianne, une jeune femme à peine plus âgée que Léo et cette relation n'est pas du goût du jeune homme qui va tout faire pour qu'elle capote rapidement. « Je devrais être heureux pour mon père, mais quelque chose m'en empêche et plus le temps passe, plus ça m'énerve. »

 

A travers toute une série d'événements, Léo met au point un plan assez perfide pour éloigner définitivement Marianne de son père et utilise pour cela, une nouvelle amie du lycée, Nadia. « Si je ne fais rien, Marianne va détruire notre vie et rendre mon père malheureux, je suis obligé d'agir…éjecter la mante religieuse. »

 

Toutes les déductions qui structurent sa démarche sont décrites assez longuement et freinent un peu le rythme initial du roman, pour aboutir, au final, à une petite catastrophe et pas mal de souffrances. Chaque personnage est éprouvé et aucun ne sort vraiment vainqueur de ce complot.

 

La personnalité de Marianne ne semble pas tout à fait correspondre à l'image que Léo s'en était faite mais rien ne vient vraiment affirmer qu'elle est une jeune femme sincère à l'égard de Pierre.

 

Bref, une fin un peu expéditive, qui n'apporte pas vraiment de conclusions claires, reste assez ambigüe, inconfortable pour un lecteur qui chercherait une moralité au récit, certaines valeurs à mettre en évidence. « Les gens ne changent pas ? Peut être que non, effectivement, mais en fin de compte on n'en sait rien. »

 

Cependant, l'ensemble est plutôt bien écrit  et la lecture reste distrayante,  agréable, notamment grâce à un ton juste, des dialogues vivants et un style simple, sans artifice.