La fin de l'humanité, ou presque, avec Robopocalypse

Clément Solym - 04.10.2012

Livre - robots - apocalypse - guerre


Avec cette gueule d'ange en céramique poliment blanchie et ses yeux en boules rouges, modèle sapin de Noël, la couverture de  Robopocalypse sent le film Pixar. Ce ne seraient les cils en image 3D qui faussent l'harmonie du visage, cette machine aurait quelque chose de doucement sympathique. 

 

Daniel H. Wilson annone pourtant la couleur : du robot, de la fin du monde et par un mot valise qui peine à trouver sa place dans la mise en page, tout est posé. Une éternelle histoire de Pygmalion. Mais en guise de Galaté, on trouve Archos, 14e du nom, Intelligence Artificielle puissante et apprentissage. Et révoltée. D'abord, contre son gentil concepteur, le Dr Nicholas Wasseman, qui a détruit les treize premières de ses versions. Et par extension, contre l'humanité tout entière. Enfin, pas certain. 

 

Tout commence alors par quelques incidents épars, des robots qui échappent à tout contrôle, se révoltent, puis vient la Guerre, la Résistance. Et des mots. Et des survivants. 

 

Au fil des chapitres, on se promène dans les pages d'un carnet de bord, constitué d'enregistrements retranscrits et regroupés : la dégradation du monde, vu par les différents humains qui composeront les noyaux de résistance. Et notamment ce miraculeux adjuvant, une enfant de 14 ans, victime d'expérimentations cybernétiques dont les yeux, remplacés par deux blocs noirs, voient des choses. Des choses…

 

Problème : pour qui a vu Terminator, Matrix, ou encore lu les Robots d'Asimov, Robopocalypse affiche non seulement de grossières erreurs, mais aussi une méconnaissance du genre. Cruelle. Les expérimentations sur les humains, les références maladroites aux camps de travaux, l'oubli des satellites, des ordinateurs ou même d'internet (WTF !!) sont autant de ratés regrettables. 

 

 

Daniel H. Wilson

 

 

Mais le plus triste, c'est l'absence de psychologie et de vocation claire pour Archos. À la fin du livre, on ne comprend toujours pas très bien ce qu'il avait en tête. Et sa tendance à l'humanicide se perd quelque part dans les câblages. On soupçonne pourtant une évidente complexité… qui laisse sur sa faim. 

 

Alors, oui, Spielberg en tirerait probablement un bon matériel, pour un blockbuster. D'autant que le réalisateur est connu pour apprécier les tensions et problématiques opposant nature et culture (revoir Jurassic Parak pour s'en convaincre). Un scénariste pourra toujours compenser ce qui manque, et les images de synthèse feront le reste. 

 

Le livre, pour sa part, attendra d'être emprunté en bibliothèque. Et encore.