Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La Mort nomade, de Ian Manook : une retraite de courte durée

La rédaction - 10.03.2017

Livre - La Mort nomade Ian Manook - retraite courte durée - exotisme mongol


Les fidèles l’auront reconnu. Yeruldelgger — sous-titre du roman — est le nom d’un commissaire de police de Mongolie rangé des voitures (des yourtes si on préfère). Une retraite de courte durée.

 

 

 

Alors qu’il est installé au milieu du désert de Gobi où il tente de renouer avec les mânes de ses ancêtres, l’ex-limier de la police criminelle d’Oulan Bator est rappelé au principe de réalité par une série de crimes violents et sordides et la requête pressante d’une ancienne compagne inquiète de la disparition de sa fille.

 

Débute, en 78 chapitres, une haletante course-poursuite au cours de laquelle de sinistres criminels et de non moins sinistres affairistes de bas étage — ou de haut parage — se débattent entre corruption et règlements de comptes. De la Mongolie à Manhattan, du Canada à l’Australie, Ian Manook embarque son lecteur dans un thriller

 

contemporain et violent, aux personnages attachants, y compris les plus méchants. Scénario tordu, rebondissements à tous les étages, en routier du polar, le vrai, le brutal, Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, connaît les recettes pour tenir son monde : celui de ses histoires, celui de ses innombrables lecteurs qui lui apportent, de livre en livre, succès et notoriété (le seul énoncé de son planning des rencontres-dédicaces dans les librairies françaises est éloquent).

 

Mafias aux réseaux tentaculaires, gangs aux tueurs sans foi ni loi, hommes politiques corrompus, les ingrédients ne sont pas vraiment originaux — n’était-ce l’exotisme mongol —, mais l’efficacité, servie par une langue qui sait se faire rugueuse, est au rendez-vous.

 

[Extraits] La mort nomade de Ian Manook 

 

« Djebe a tué Quasar ! Il a tué son anda, son frère de sang, et vous restez là à bander pour des pouffiasses en rotant de la bière, abrutis par votre musique de monolobés ? Mais vous savez ce que ça veut dire, la mort de Quasar ? Vous le savez ? — Oui madame. Ça veut dire la guerre. »

 

Jean-Marie Duhamel

 

 

en partenariat avec le CRLL Nord Pas de Calais