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La plume de l'ours : Carole Allamand en quête d'auteur

Mimiche - 28.05.2013

Livre - écrivain - Alaska - Suisse


Carole Courvoisier vient de se voir attribuer une bourse de recherche par la fondation helvétique des arts et des lettres. Avec son pécule en poche, elle entreprend de suivre la piste de Camille Duval, un écrivain suisse, icône de la littérature en son pays.

 

Objet d'un véritable culte et d'une admiration sans borne dans son pays, Camille Duval va même très certainement figurer sur l'un des prochains billets de banque de la confédération. Ce n'est plus de la vénération, c'est l'Olympe de la Littérature dans ce petit pays qui n'a pas tant de Victor Hugo que cela à imprimer sur ses billets.

 

Né quasi avec le XXème siècle, Camille Duval a eu une entrée dans sa carrière d'écrivain fracassante, puis a dû s'exiler aux Etats Unis suite à la mise à l'index de l'un de ses ouvrages par l'Eglise Catholique. A cinquante ans, il s'est soudain tu pour revenir après treize année d'un silence assourdissant aux oreilles de ses fans, avec un nouveau roman puis une trilogie qui assoiront son aura définitivement. Mais, exilé et isolé en Alaska, seuls ses livres parleront désormais de et pour lui.

 

Carole Courvoisier, intriguée comme tant d'autres par ce long et mystérieux silence ayant inexplicablement précédé une véritable explosion littéraire, entreprend une quête qui, de New York en Alaska, suit les traces du Maître vers un possible éclairage de ces années opques que même son entourage semble vouloir laisser dans l'ombre.

 

 

J'ai immédiatement été happé par les premières pages de ce premier roman de Catherine ALLAMAND : du rythme, de la matière, une écriture agréable, un scénario de roman policier pour une histoire littéraire ! Tous les ingrédients sont là pour une belle histoire et une intrigue palpitante dans cette recherche qui tient autant de l'intellect, du journalisme que du policier.

 

Las ! Catherine ALLAMAND n'a pas réussi le lien entre une entame riche et prometteuse et un finish crédible : entre les deux, un remplissage incohérent, inutile et dépourvu d'à propos sinon celui de ressasser, sans grand intérêt et quasi en perdant le fil de l'histoire, des lieux communs sur les vétérans de toutes les guerres des Etats Unis par le monde, sur leur intransigeance vis-à-vis des fumeurs, sur les clichés vis-à-vis des pays de la vieille Europe et notamment de la France qui n'a pas l'heur de penser comme le Nouveau Monde face à tous les conflits, sur les intransigeances religieuses, ….

 

Tout cela est bien réel mais tellement éloigné de la quête de Carole Courvoisier que, lorsque nous revoilà mis sur les rails, on a besoin de s'ébrouer un peu pour revenir dans le sujet.

 

Pourtant, en rendant hommage à Rick Bass ou à Doug Peacock, c'est sûr que Catherine ALLAMAND jouait sur du velours avec moi.

 

Globalement, c'est dommage ! A vouloir friser avec les quatre cent pages, elle a quelque peu gâché une histoire qui, ramenée à de plus humbles dimensions, aurait été mille fois plus réussie.