La revanche des otaries, Vincent Wackenheim

Clément Solym - 31.08.2009

Livre - revanche - otaries - Vincent


Dieu fit le monde, les oiseaux, la lumière, les congés payés et la pilule du lendemain et vit que tout ça était bon. Sauf qu'à Sodome et Gomorrhe, personne n'appliquait la législation en vigueur et les consignes du Tout-Puissant. Une sorte de constante dans la Création : personne ne l'écoute vraiment... Alors, hop !, Déluge ! Mais avant cela, confier à Noé l'Arche – entre celle d'Alliance et celle des animaux, ça fait beaucoup... - qui abritera les bestioles par paires (et pas simplement de fesses), pour recommencer, la même chose, en mieux, et ailleurs.

Un beau matin, alors que Noé finit sa nuit d'amour avec une otarie (on vous expliquera après...), l'Arche s'agite : deux DinoZores sont apparus. Comme ça. Sans avertir personne. Sauver la création, d'accord, mais celle qui a déjà disparu, faut-il la ressusciter ? Et avez vous pensé au bruit et l'odeur de deux bestiaux de 20 mètres de long ? Ça fait jaser... Surtout que la Communauté de l'Arche – qui vaut amplement celle de l'Anneau – n'est pas du genre baba cool, plutôt procédurière. On passe de Commission en Assemblée, et de Vote en Plebiscite, pour déterminer comment l'on va aborder la question des resquilleurs clandestins...

Et peu à peu l'insurrection gronde : l'autorité de Noé, qui doit même se priver des calins de la petite biche, est sapée, grignotée progressivement. Et les animaux se rebiffent : toutes ces lois que l'on avait instaurées s'effritent. Les deux DinoZores sèment la panique. Qui contraindra les carnivores à poursuivre leur régime laitue et laisser leurs plats du jour tranquilles ? Comment faire respecter les règles linguistiques fixées, qui restreignent toute utilisation d'expression où une bête serait évoquée ? La femme de Noé sait-elle que son mari est zoophile ?

Et le Peer To Peer : contrôlera-t-on la prolifération des couples, interdits de procréer pour d'évidentes raisons logistiques ?

Vincent Wackheim Dilettante©
La Revanche des Otaries
, c'est un peu des Monty Python, avec un zeste de grand n'importe quoi, que l'on aurait saupoudré de théologie à scandale. Pas encore interdit par le Vatican, ce qui ne saurait tarder, le livre de Vincent est bourré d'humour potache, de révélations stupéfiantes et de divines âneries... Autrement dit, un panaché d'excellence pour amateurs de blasphème qui ne mange pas de pain – béni, évidemment.

Un Noé zoophile, des animaux plus humains que jamais, une société procédurière, le tout aménagé avec une plume qui alterne anachronismes et murmures divins, tout est réuni pour une apocalypse (au sens étymologique, grec, donc, de Révélation) qui laissera pantois. Inutile de vous dire que l'on s'amuse avec ce patchwork de satires, de satyres et d'intrus, qui tombent à point nommé, pour mettre une joyeuse pagaille.

Alléluia, priez avec moi : la fin du monde approche, rien ne nous dit que Noé parviendra à destination, alors en attendant, passez une excellente traversée, en compagnie de l'équipage et de son capitaine. Attention cependant aux secousses...

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